Isabelle Vitari: Dans toute sa « folie » !

Depuis juin 2012, Isabelle Vitari anime vos soirées dans le programme court « Nos chers voisins » sur TF1. Elle se lance à présent dans son premier one-woman show « Isabelle Vitari est une femme libérée ». Nous la retrouverons pour la soirée « La nuit du printemps » animée par Cauet le 13 avril au Zénith. Rencontre.

 

Isabelle Vitari, quel a été votre parcours ?

J’avais neuf ans quand mon professeur proposa à mes parents de me diriger vers le théâtre. J’ignore ce qu’elle a vu en moi mais ils ont suivi son conseil. En parallèle de ces cours j’étais inscrite à la fac de lettres.

La passion de la scène est arrivée très tôt ? 

C’est vrai que j’ai eu mes premiers émois scéniques relativement tôt. Mais après il y a eu des doutes, je me suis remise en question, je me suis demandée si c’est réellement ce que j’avais envie de faire… Je n’ai eu cette révélation qu’à l’âge de vingt ans, quand j’ai commencé avec les « Quiches ». Nous étions un groupe de copains comédiens, nous réalisions des courts-métrages entre nous avec plein de délires, de folies et c’est à ce moment-là que je me suis dit : « J’ai ma place, je m’éclate ! ».

Un spectacle « assez trash »

 

Vous serez sur Toulouse pour « la nuit du printemps » le 13 avril prochain. Comment va se dérouler votre passage ?

Lors de la soirée de clôture nous serons dix artistes à nous partager la scène. Je vais interpréter un sketch de mon one-woman show, j’aurai une dizaine de minutes pour l’amener au bout.

Quel personnage allez-vous reprendre ?

Mon spectacle est assez trash, cash, avec un humour destiné aux adultes. Pour la nuit du printemps, il va y avoir des enfants alors nous avons choisi un sketch pas trop « hard ». C’est l’histoire d’une maman bourgeoise d’une soixantaine d’années, très sympa, très ouverte. Elle partage un dîner avec ses amis. Pendant ce temps dans la cuisine, sa fille Rose, l’aide à préparer les plats etc… et lui avoue qu’elle est lesbienne depuis toujours. Sa mère ne veut pas l’admettre, elle pense que ce n’est seulement qu’une passade. Tout va se jouer sur ce décalage, sur la peur de la réalité…

Vous caricaturez plusieurs styles de femmes, pourquoi avoir choisi celui-ci pour la nuit du printemps ?

Je voulais faire un autre sketch mais ce sont les organisateurs qui ont fait le choix de celui-ci.

 

« On va me prendre pour une « tarée » »

 

Désormais, on vous voit un peu partout, au théâtre, à la télé… et à présent vous vous lancez seule sur scène… Où êtes-vous le plus à l’aise ?

J’adore l’esprit de groupe, de tournage comme notamment chez « Nos chers voisins », où nous nous retrouvons tous, et rigolons bien. Nous allons justement reprendre le tournage de la série et j’ai hâte de les retrouver même si nous nous voyons en dehors du plateau. J’aime bien la conception de ce travail car il y a une bonne ambiance de camaraderie ! Ce que j’adore dans le théâtre et dans mon one-woman show, c’est que je peux enfin évoquer mes idées, aller dans mon délire et interpréter les personnages comme je les sens. A la télévision, nous devons avoir un minimum de tenue alors que sur scène, je suis dans la folie !

Pouvons-nous apercevoir la vraie Isabelle Vitari à travers votre spectacle ?

(Rires) Absolument ! On va me prendre pour une « tarée » parce que je fais des choses complétements folles ! J’aime la folie ! Mais, n’avons-nous pas tous ce petit grain de folie au plus profond de nous-mêmes ?

Comment s’est passée l’écriture de ce one-woman show ?

J’ai amené les idées. J’ai suggéré à ma co-auteur Mika les sujets que je voulais traiter. Nous nous sommes concertées pour voir comment nous pouvions amener les personnages jusqu’à l’absurde, le grotesque et la folie car c’est ce qui nous fait marrer !

Tout le long de votre spectacle, vous parlez de la femme… Votre sketch n’est-il destiné qu’aux femmes ?

Absolument pas ! Beaucoup d’hommes viennent voir mon spectacle, ils l’apprécient particulièrement d’après les échos qui m’en sont revenus. Je ne parle pas des problèmes de filles. Je porte un regard critique, assez fort et engagé sur les femmes. Je ne les épargne pas beaucoup, je l’avoue ! (rires)

Vous caricaturez toutes les femmes : de la mère dont la fille est lesbienne à la bimbo écervelée, en passant par la cougar désenchantée, tout le monde y passe. Mais quel personnage préférez-vous jouer ?

Il y en a une que j’adore : c’est l’actrice de théâtre. Cette comédienne revient de Syrie. Elle a passé une après-midi dans un camp de réfugiés et depuis se sent très engagée. Elle se prend la tête tout le long de son passage. On comprend par la suite qu’elle fait tout ça dans le seul but de se faire bien voir. En fait elle ne pense qu’à elle, à son Molière. J’adore jouer ce sketch car elle est à fond dans ce rôle qu’elle s’est inventée. Sa façon d’agir en fait un être détestable dans le monde fermé du théâtre et moi je prends un malin plaisir à la « jouer ».

Pourquoi ne traiter que du thème des femmes ?

Parce qu’elles m’inspirent. Il y a bien évidemment un peu de moi dans chacune d’entre elles. A la base tout part de ma vie, de mes expériences, de mon vécu…

 

Vous voulez faire passer un message à travers votre one-woman show ?

Nous sommes quelque part des femmes libérées. Nous nous revendiquons comme telles mais j’ai l’impression que notre génération s’est enfermée dans des stéréotypes par exemple quand nous sommes célibataires, on dit que nous sommes libres, on couche avec qui on veut… nous ne sommes plus enfermées dans des diktats sociaux… Mais en fait si, car nous rêvons toujours du prince charmant, et pour pas mal d’entre nous, notre envie de fonder une famille est réelle.

Etes-vous une femme libérée ?

Oui puisque je prends la parole, je dis des choses un peu trash sur scène, je fais passer mes idées. Mais, d’un autre côté non, puisque j’ai ma petite vie bien rangée, avec mon mari, mon enfant… J’ai ces deux côtés-là, je crois qu’on est double en fait.

Avez-vous un mot pour votre public toulousain ?

J’arrive ! Je n’ai qu’une seule hâte, c’est que ma tournée soit organisée et que je puisse enfin aller rencontrer mon public du Sud, car je me sens bien dans cette région. J’aime Toulouse, je suis ravie de venir jouer dans la ville rose.

Propos recueillis par Elsa Nardari



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