Imany, chanteuse soul-folk

Exilée pendant sept ans aux Etats-Unis pour vivre du mannequinat, Nadia Mladjao décide de se reconvertir en «Imany» chanteuse soul-folk, ce qui lui réussit assez bien. Actuellement en tournée en France et en Europe, elle fait une escale dans la ville rose le 13 novembre prochain au Casino Théâtre Barrière. Rencontre.

 

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ? Comment passe-t-on de mannequin à chanteuse ?

On le devient progressivement. Je voulais chanter depuis longtemps. Et le métier de mannequin est éphémère : des mannequins de cinquante ans, ça n’existe pas. Alors au fur et à mesure que je voyais la porte de sortie qui commençait à «clignoter», je me suis mise à la musique plus sérieusement. J’ai pris des cours, j’ai commencé à écrire des chansons et la machine était lancée.

 

Qu’est-ce qui vous a donné envie de chanter ?

Je ne me suis jamais posée de question, je savais seulement que ça me rendait heureuse. Je me suis dit qu’il fallait que je trouve un moyen de faire quelque chose qui me plaisait.

 

Votre nom de scène, «Imany», signifie la «foi». Est-ce une chose qui vous caractérise ?

Je pense que sans la foi, on ne peut pas aller bien loin. Mais je ne parle pas de foi religieuse, mais de foi en soi, en son travail, en les autres. Je ne sais pas si on arrive à avancer dans la vie sereinement et atteindre ses objectifs sans cette foi. Pour moi, ce n’est pas possible.

 

Vous écrivez vos chansons. Comment le processus de création se passe-t-il ?

Ca dépend, il n’y a pas de règle. Parfois avec un musicien, on «jam*» et on arrive à trouver une chanson. Parfois, c’est moi toute seule, le soir ou le matin, avec un piano, une guitare à la main ou juste par le chant. C’est d’ailleurs par le chant que j’ai appris la musique. L’instrument est venu par la suite. En tout cas, l’inspiration arrive aussi bien en travaillant que sans avoir rien demandé.

 

Sept ans aux États-Unis, ça laisse des traces

 

Vous écrivez vos chansons seulement en anglais, pour quelles raisons ?

J’aime bien cette langue. Quand j’ai commencé à écrire, c’est celle qui est venue tout de suite. Je ne me suis vraiment pas posée la question. Je lis en anglais, j’écris en anglais. J’ai vécu aux Etats-Unis pendant sept ans, il m’arrivait même de rêver en anglais ! Puis ma culture musicale est anglo-saxonne…

 

Peut-être des envies d’écrire et chanter en français…

Je n’ai aucune envie précise. J’ai l’intention de faire un deuxième album. Je verrai bien ce qui va en sortir quand j’aurai écrit suffisamment de titres pour pouvoir rentrer en studio. S’il doit y avoir du français, il y en aura, sinon, non ! Si vous voulez, c’est comme si vous demandiez à un peintre pourquoi il peint toujours en rouge ? Ce n’est pas très grave, il peint en rouge, et si demain il veut peindre en bleu, il peindra en bleu. Tout ça pour vous dire que pour ma part, la manière dont j’écris, ne se prémédite pas.

 

On dit que vous avez une voix à la Tracy Chapman…

Pas tellement, je pense que les gens retrouvent en moi une voix grave presque androgyne comme la sienne, mais nous n’avons pas la même et je suis bien placée pour le savoir. C’est un peu schématiser que de dire ça. Après je comprends que les gens veuillent trouver des références… Cela dit je suis tout de même flattée car Tracy Chapman est justement l’une de mes références.

 

Le titre de votre album est «The shape of a broken heart». On s’attend à une chanson parlant d’amour déçu. Finalement c’est bien d’une chanson d’amour qu’il s’agit, mais adressée à l’Afrique. Pourquoi l’avoir choisie comme titre de l’album ?

Si vous regardez tous les titres de l’album, celui-ci était le plus beau. Pour un titre d’album, il fallait une belle devanture et je trouvais que c’était la mieux.

 

Vous êtes en duo avec Tété dans «Un Gospel Pour Madame (Pray For Help)». Comment est née cette collaboration ?

A Cahors nous avons partagé un plateau. C’est ce jour-là que je l’ai rencontré pour la première fois. Je n’avais jamais assisté à un de ces concerts et j’ai aimé ce qu’il faisait. A l’époque, on essayait de faire une autre version du titre et quand je l’ai vu, ça m’a paru une évidence. Je lui ai proposé le duo, il a accepté. Quelques mois plus tard, on a travaillé le titre, ça s’est fait naturellement. Ca a fonctionné d’entrée de jeu.

 

Comment votre tournée se passe-t-elle ?

On a aux alentours de deux cents quatre-vingt dates. Ça fait dix-huit mois que je suis sur les routes. La tournée se développe à l’étranger, en Allemagne, en Pologne et dans d’autres pays… C’est un rythme épuisant à tenir mais j’ai de la chance, c’est complet quasiment tous les soirs. Les gens reçoivent bien ma musique. Du coup ça compense la fatigue qui est vraiment difficile à combattre. C’est un vrai marathon !

 

Combien de personnes vous accompagnent-elles sur scène ?

Il y a deux guitares, deux violoncelles, un clavier, une bassiste, une basse et avec moi, ça fait huit.

 

Au-delà de cette tournée, quels sont vos projets ?

Je prépare un deuxième album avec mon équipe. Comme le premier instinctivement on va vers quelque chose qui nous plaît. On va essayer de garder une cohérence avec le premier opus. Je me vois mal faire de la techno du jour au lendemain, ce n’est pas vraiment mon genre. Je veux faire un album qui me ressemble au moment où je le fais.

Propos recueillis par Elsa Nardari

 

* Une réunion de musiciens, se groupant pour pratiquer en live une improvisation, en solo ou en collectivité.

 



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