Grand départ, de Nicolas Mercier: Portrait de famille

Deux frères. Un homosexuel, l’aîné. Un incasable, le benjamin. Et un père qui tombe malade. Il a fallu seulement quelques mots pour résumer cette énième histoire de famille, portée sur grand écran. Sauf que pour faire un bon film familial, il faut une intrigue qui vaille la peine d’être racontée pendant 1h30. Une intrigue qui sorte du lot, avec des émotions qui arrachent les tripes, tout du moins qui les chamboulent un peu. Ici, rien de tout ça. Certes, le trio père-fils est campé par trois acteurs formidables, et très crédibles : Jérémie Elkaïm, Pio Marmai et Eddy Mitchell. Mais ils n’ont aucune ficelle à laquelle se raccrocher. Tout est plat, tout est attendu et rien n’est émouvant. On sent pourtant la volonté du réalisateur de bien faire les choses. Les scènes sont joliment tournées. Une importance capitale est accordée à la beauté et à la profondeur de l’image. Un perfectionnisme poussé finalement à l’extrême. Preuve que sans bon scénario, un film se retrouve sans colonne vertébrale. Mou voire ennuyeux. Il faut croire que ce « grand départ » n’en était pas vraiment un.

 

Ariane Riou



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