«Grand central», de Rebecca Zlotowski: Amour irradié

L’entrée dans un monde méconnu est toujours excitante. Dans «Grand central», deuxième film de la jeune réalisatrice française Rebecca Zlotowski, on découvre le quotidien – mais surtout l’histoire d’amour – de deux travailleurs dans une centrale nucléaire. Un quotidien difficile, souvent dangereux, et qui semble pourtant si propice à l’épanchement des sentiments amoureux. Un huis clos dans un «grand clos», en somme. L’ambiance est électrique, mais l’amour est doux. A l’image de l’affiche, qui ne laisse jamais augurer le décor de ce film tourné dans une centrale autrichienne, qui n’a jamais été utilisée. Grâce au décor, mais aussi et surtout grâce à la musique électrique qui berce les scènes, la tension plante la dangerosité du système d’une centrale. Ces employés, généreusement interprétés par le parfait Tahar Rahim et la candide Léa Seydoux, sont en danger. Par leur boulot bien sûr, mais aussi, parce qu’elle est déjà en couple lorsqu’elle rencontre l’autre. Talentueuse, la réalisatrice réussit même à intégrer le spectateur. La fin ouverte de ce long-métrage le laisse perplexe et libre d’interpréter le destin de ces deux personnages comme bon lui semble. Rien n’est entièrement écrit, et pourtant tout est soigneusement pensé. L’électricité plus forte que l’amour ?

 

Ariane Riou



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