Thomas Simonian
Thomas
Simonian

Festivals de cinéma, des paillettes et des gaffes

Un festival de cinéma ne serait pas si prestigieux sans sa polémique post-événement et son lot de maladresses. La Mostra de Venise, qui s’est achevée dimanche dernier, n’échappe pas à la règle. Le choix du Lion d’or, le Sud-Coréen Kim Ki-duk pour son film «Pieta», a essuyé de vives critiques. Pendant la cérémonie, le Lion d’argent a été remis au lieu qui aurait dû recevoir le prix du jury. Une bourde que s’est empressée de rectifier la délicieuse Laetitia Casta, accessoirement membre du jury pour l’occasion. Mais c’était sans compter sur la presse italienne, qui s’est vivement offusquée, qualifiant même l’épisode, particulièrement tragique, de «lapsus impardonnable». Eh oui ! Lorsqu’il s’agit de cinéma, les émotions sont exacerbées, et les journalistes tombent souvent dans le mélodrame. De vraies drama queens !

Cet épisode sous les gondoles n’est pas sans rappeler le dernier festival de Cannes, à l’issue duquel un hypothétique conflit d’intérêt avait fait les choux gras de la presse internationale. A l’époque, le président du jury, en la personne de Nanni Moretti, avait décerné les prix les plus prestigieux à des acteurs, films ou réalisateurs, de la société de production «Le Pacte». Redondant certes, mais peut-être fortuit. Le hic – parce qu’il faut un hic pour pouvoir faire les gros titres -, c’est que Nanni Moretti lui-même œuvre dans cette fameuse société. Une coïncidence suffisamment vraisemblable pour enflammer la sphère médiatique, quelques jours après les flashs et les paillettes.

Pour autant, les déboires les plus cocasses de ces manifestations sont ceux dont on se délecte le plus. Lorsqu’une Sophie Marceau dévoile son anatomie sur le tapis rouge, ou qu’un Dany Boon se pointe sur la scène des Césars en jogging orange vif, le festival s’humanise et les acteurs se vulgarisent. Comme de bons potes, dont on narrerait les mésaventures. Derrière les robes dont on n’ose à peine prononcer le prix, et les flashs maladifs des photographes, se cachent des hommes auxquels on tente – et on y croit – de s’identifier. Vanessa Paradis se trompe de lauréat au festival de Cannes. Moi aussi, je me suis trompée de rayon hier dans mon supermarché ! De joie, Roberto Benigni baise les pieds de Scorsese. Moi aussi, j’ai félicité mon frère, victorieux de son match de tennis. Finalement, la vie est un tapis rouge.

Ariane Riou

 

 


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