[Expo] Les Abattoirs lèvent le rideau sur Picasso

Figures au bord de la mer

Cubisme. A l’occasion des 30 ans du Musée national Picasso de Paris, le musée des Abattoirs de Toulouse se joint à la fête pour faire découvrir au public de la ville rose des œuvres originales de l’artiste espagnol réalisées entre 1920 et 1937.

 

Si Picasso montrait un intérêt particulier à Toulouse, reconnaissant de l’accueil que la ville rose a réservé aux Républicains espagnols durant la Retirada, il semblerait qu’il n’y ait jamais mis les pieds. Pourtant, aujourd’hui c’est Toulouse qui lui rend hommage en exposant quelques-unes de ses œuvres au musée des Abattoirs. Réparties sur trois salles différentes, l’exposition a été intégralement pensée autour du rideau de scène que Picasso avait réalisé pour la pièce de théâtre de Romain Rolland « Le Quatorze juillet ». Intitulé « La Dépouille du Minotaure en costume d’Arlequin » par le peintre, cette toile géante trône depuis 2000 au musée des Abattoirs qui en a fait son emblème. « Cette exposition baptisée « Horizon mythologique » est le prolongement de ce rideau », explique Olivier Machelon, directeur du musée. D’ailleurs, de nombreux personnages représentés sur la gouache originelle sont également présents sur d’autres tableaux peints entre 1920 et 1937, visibles aux Abattoirs. « Il s’agit bien là d’autoportraits », confie-t-il, soulignant sur les toiles le rapport entre l’Homme et l’animal de même que celui du cirque. Mais si la mythologie est ici en filigrane, le fil conducteur de l’exposition reste le bord de mer. Pourtant peu enclin aux scènes extérieures, le bord de mer est présent sur toutes les œuvres ou presque de l’artiste, ne serait-ce que de façon minimaliste, « une façon d’ouvrir l’espace d’un simple trait d’horizon. » Une deuxième salle révèle la série des Baigneuses, que Picasso débute à Biarritz. Des figures en bord de mer à nouveau, où l’anatomie est fantasmée, et qui invite à la flânerie mais également des peintures plus sombres où le cubisme revient à son paroxysme. Parmi les 30 œuvres présentées sur cette exposition, les visiteurs peuvent aussi découvrir les études du Maître, les esquisses réalisées avant finalisation du tableau, tout en pénétrant dans la troisième et dernière salle, où un groupe de baigneurs, réalisé en 1956, se prélasse sur toute la superficie de la pièce. Mais ici, il ne s’agit pas de toiles mais de sculptures en bronze. 20 ans après avoir achevé sa série de peintures des Baigneuses, Picasso revient à ses œuvres précédentes pour les décliner en sculptures, faites de matériaux de récupération qu’il chine dans son propre atelier avant de les faire fondre.

L’exposition, focalisée sur 15 ans du travail de Picasso est à la fois construite, autour du rideau de scène, mais également libre. « Nous avons refusé la thématique fermée de la mythologie et avons associé des œuvres très différentes malgré une certaine unité de temps », précise Olivier Machelon. De même, une place forte est laissée au spectateur puisque les œuvres, pour la plupart plutôt de petite taille (jusqu’à 11 sur 14 cm au minimum) sont présentées dans de grandes pièces blanches : « les chefs d’œuvre étant concentrés, l’espace d’exposition leur donne davantage de force. » Un lieu d’exposition unique pour un artiste unique, tout est fait pour sublimer les œuvres du Maître.

 

Le + : « La Dépouille du Minotaure en costume d’Arlequin »

D’abord dessiné par Luis Fernandez, la gouache sera rapidement réalisée par Picasso puis agrandie en 1936 pour en faire le fameux rideau de scène, en résidence permanente aux Abattoirs. Mais il fut d’abord offert au musée des Augustins par l’artiste lui-même il y a 50 ans. Découvrez comment le rideau est arrivé à Toulouse sur une vidéo présentée à l’exposition « Horizon mythologique ».

 

 

Infos pratiques

« Horizon mythologique »

au musée des Abattoirs, du 18 septembre 2015 au 31 janvier 2016

76 Allées Charles de Fitte

 

 



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