Elisabeth Buffet: Elle va nous bluffet !

Son rêve d’arpenter les planches l’a rattrapée. C’est aux abords de la quarantaine qu’Elisabeth Buffet se remet en question et se décide à changer de métier. Elle se livre dans son one woman show à travers des sketchs traitant du «céliba», des rencontres infructueuses avec sa petite note personnelle : son franc parler ! Elle sera au Casino Théâtre Barrière ce samedi 13 octobre. Rencontre avec celle que l’on qualifie de «Jean-Marie Bigard au féminin».

 

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

On a combien de temps ?! (Rires) J’ai fait des études dans le marketing et le commerce, avant de travailler pour la Fnac au pôle marketing pendant huit ans. J’ai eu un parcours assez long jusqu’à ce que je me décide à vaincre mes angoisses. J’hésitais entre une vie «normale» de salarié, ou une vie de scène. Je suis passée par des cours de théâtre, j’ai joué des pièces en duo, en quatuor. Mais j’ai arrêté parce que je n’y arrivais pas. Je voulais profiter de la vie, puis le temps passe. Aux abords de la quarantaine, j’ai eu une grosse remise en question. Je me suis décidée pour le métier de la scène. Je me suis dit que si je ne le faisais pas, je le regretterai toujours. Je ne voulais pas passer à côté de ma vie. C’est à ce moment-là que je me suis mise à écrire des sketches. Par la suite, ça été relativement rapide. Dès le lancement du spectacle, la production «Juste pour rire» m’a repérée. Ils m’ont fait jouer et la machine était lancée.

 

Vous êtes aussi animatrice…

Oui mais très ponctuellement. J’ai fait deux émissions avec «Paris première». J’ai voulu me tester à cet exercice, mais ce n’est pas ce que je préfère. On n’a pas de liberté.

 

Vous vous essayez dans différents domaines…

Oui, c’est ce qui est intéressant dans ce métier-là. J’aimerais bien aller vers le théâtre. Cela me tenterait assez. Vers le cinéma aussi. C’est un domaine où il y a pas mal de possibilités.

Justement en début d’année, on a pu vous voir jouer dans un premier film : «Nos plus belles vacances» de Philippe Lellouche

Tout à fait ! Cela a été une belle expérience. J’ai adoré jouer la comédie. C’est un jeu de comédien très différent. Sur la scène, surtout dans l’humour, on exagère toujours. Au cinéma, la caméra oblige à avoir un jeu un peu plus «intérieur». Et puis je n’étais pas seule : j’ai comme partenaire Bruno Lochet. C’est quand même un personnage !

 

«Les premières parties ne sont pas des exercices faciles.» 

 

Vous avez fait les premières parties de Franck Dubosc et Florence Forestie…

J’ai eu de la chance car ma boîte de production m’a mise en contact avec d’autres artistes. Ces deux personnes sont toujours prêtes à donner un coup de main à des jeunes qui démarrent. Ce sont de belles opportunités. Mais les premières parties ne sont pas des exercices faciles. Les gens attendent l’artiste principal. Ca permet quand même de faire de «grosses» salles, de voir la réaction des gens, surpris de nous voir et savoir s’ils sont réceptifs ou pas à notre humour.

 

Quelle relation entretenez-vous avec ces deux confrères ?

Ce sont des gens qui sont dans des sphères complètement différentes de la mienne. On se croise très rarement. On n’a pas de parcours qui nous permettent de nous voir régulièrement. Par contre quand c’est le cas, c’est très cordial, très agréable.

 

Un spectacle autobiographique

Qu’est-ce qui a inspiré votre spectacle ?

C’est surtout moi ! (Rires) On va dire, mes copines et moi. C’est à travers ce genre d’amalgames que j’arrive à parler un peu de moi, de ma vie, de ce qui me touche, du «céliba», de mon côté festif. Mais également des rencontres improbables avec des garçons. C’est tout ce mélange qui m’a inspirée.

On peut dire que ce spectacle est autobiographique ?

Ah oui largement ! (Rires) A 80%.

Il est aussi drôlement cru…

Le langage n’est pas riche ! J’aime bien utiliser des phrases un peu «cash». Le personnage est tout de même touchant, elle prend pas mal de «râteaux», il y a des moments de solitude. Mais il y a aussi beaucoup de métaphores. Oui, c’est un peu «trash» mais à la fois très fleuri.

 

On vous qualifie de «Jean-Marie Bigard au féminin». Qu’en pensez-vous ?

(Rires) Je comprends tout à fait le rapprochement. En effet, c’est quelqu’un qui parle de «cul» et il n’y a pas énormément d’exemples dans ce cas. Au tout début quand j’ai démarré, pour les gens qui ne me connaissaient pas, c’était une évidence. Mais je pense qu’il y a de grosses différences juste parce que je suis une femme. J’amène forcément beaucoup plus de rondeur, beaucoup d’autodérision. Il n’y a pas ce côté «macho» que Bigard peut avoir.

 

Vous êtes sur la fin de votre tournée. Comment s’est-elle passée ?

Très bien ! Je tourne depuis plusieurs années avec ce spectacle. J’aime être sur scène. En province, il y a une vraie attente. Les gens sont contents d’aller voir le show, ils sont moins «blazés» que les Parisiens. On est toujours très bien accueilli, le public est plus chaleureux.

 

Que pensez-vous de votre public toulousain ?

Il est à chier ! (Rires) Je suis ravie de le retrouver parce que je garde un bon souvenir de mon précédent passage. Le contact était très drôle. On avait même continué un petit peu dans la nuit avec des personnes que j’ai rencontrées sur place, j’espère que ce sera la même chose !

Quels sont vos projets ?

Je suis actuellement en pleine écriture pour mon prochain one woman show prévu pour 2013. Je vais aborder les mêmes sujets que dans ce one woman show comme le célibat, car c’est vrai que ma vie n’a pas trop changé ! (Rires) Je vais aussi parler de vieillir dans cet état-là, c’est-à-dire pour quelqu’un qui comme moi aime toujours faire la fête à mon âge. Dans ma tête, je suis une adolescente mais l’âge me rattrape… C’est un décalage qui commence à se faire sentir…

Peut-être un rôle au cinéma ?

Non malheureusement le téléphone n’a pas sonné. Spielberg ne m’a pas encore appelée. Je ne comprends pas, il ne doit pas avoir mon numéro ! (Rires)

 

Propos recueillis par Elsa Nardari

 



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