Deux jours pour plancher… ou buller

Depuis quelques années, l’édition indépendante en bande dessinée a son festival toulousain. Il se tient ce mois-ci un peu partout dans la ville rose. Pipocolor, président de l’association Indélébile nous dessine les contours de l’événement.

«L’association Indélébile regroupe plusieurs structures d’éditions et des auteurs de BD et publications visuelles, qui ont pour point commun la recherche de nouvelles voies graphiques ou narratives», explique Gilles Peltier, alias Pipocolor, président d’Indélébile, «nous cherchons à fédérer les acteurs régionaux de la petite édition et de promouvoir la BD contemporaine créative.» Dans ce cadre, Indélébile se lance au quotidien dans l’organisation d’événements présentant la diversité des productions de l’édition : des interventions, ateliers ou expositions à publics variés. Un drôle de nom pour un but précis : mettre en avant des publications vraiment créatives. «Le choix du mot Indélébile, c’était un clin d’œil au rapport à l’encre et au support livre. On ne prétend pas présenter toute la bande dessinée, mais visons à montrer qu’il existe autre chose que Boule et Bill et Titeuf !» Souvent méconnue, la bande dessinée contemporaine de création se distingue de la BD au sens habituel. «On prône l’approche littéraire et graphique de l’objet livre, pas la publication comme article de consommation simple.»

Quand la BD fait son festival

La genèse de toute cette histoire ? Quelques auteurs toulousains… «On connaissait «les autres», nous savions que nous étions plusieurs à Toulouse à évoluer dans le même milieu, mais il nous fallait un lieu et des événements pour nous retrouver et faire des choses ensemble.» D’une petite dizaine, aujourd’hui ce sont plus de quarante auteurs toulousains et plusieurs structures comme Mismal, la Toile, ou La crevette radieuse qui se réunissent régulièrement autour de leur passion pour l’image. «Au départ nous nous regroupions lors de ce que nous appelions «Les rencontres en attendant»…qui ont fait du chemin ! Ces rencontres se sont ouvertes à la France entière voire au-delà.» Depuis quatre ans, l’événement s’est même structuré en un festival qui a de plus en plus de succès : «L’année dernière nous avons eu énormément de monde, les Beaux-Arts ont fait salle comble pendant les deux jours et le public s’est élargi aux familles. Chaque année tant au niveau du public que du retour critique, on note des progrès importants.» Cette année des auteurs viennent d’Italie, d’Espagne, de Belgique, de Suisse, etc. L’originalité ? «La plupart des festivals de BD, comme celui bien connu de Colomiers par exemple, est gérée par la municipalité. De notre côté, nous avons quelques subventions de la mairie et de la Région mais pour le reste ce sont les fonds de l’association.» Le festival s’adresse à tout le monde. Il est gratuit, ouvert à tous et surtout aux curieux pour découvrir, rencontrer ou acheter des ouvrages. Le cru 2012 du Festival Indélébile réunira une trentaine de structures d’éditions et plus de quatre-vingt auteurs. «On essaie de montrer des choses qu’on ne trouve pas partout, l’équipe Indélébile a fait son casting d’exposants : l’idée étant de choisir des invités clef. On prend des risques, on propose l’originalité. C’est un peu la même chose en musique ou dans le cinéma expérimental.»

«La BD ce n’est pas que Titeuf !»

Depuis le début du mois dans la ville rose, ce sont donc des librairies, cinémas, et autres centre culturels qui sont pris d’assaut par des expositions, des projections ou des animations explorant l’univers de la bande dessinée et du livre graphique. Clou du spectacle, les 27 et 28 avril : les Beaux-Arts seront le théâtre temporaire de la BD. Indélébile propose un weekend entier d’immersion dans les livres et images actuelles. Véritable échange festif et convivial autour de l’image, de la narration et du livre afin d’appréhender de façon ludique les aspects de l’univers de la petite édition. «L’occasion de découvrir plusieurs styles, car chacun a sa patte : moi je n’ai pas l’impression de rentrer dans une case, en ce moment je fais du photo montage par exemple, j’aime jouer avec les codes de l’image qui ne m’enferment pas dans un style. Chaque auteur créé sa propre mouvance, c’est très varié.» Le but ? Montrer un aspect particulier et mal connu de la BD. «C’est un univers très large, il y a énormément de choses à voir et à montrer sans exposer ce que l’on trouve partout. On sort des sentiers battus, car il faut donner l’importance qu’il mérite à ce pan de la littérature contemporaine qu’est l’édition graphique. Trop peu mise en avant dans les lieux de diffusion, la BD contemporaine trouve via Indélébile le moyen de se faire connaître et de révéler l’importance de ses travaux pour la recherche et la prise de risque artistique.»

Aurélie Renne

Un weekend aux Beaux-Arts pour découvrir «l’autre» BD

Samedi 28 avril

11h – Ouverture du festival
15h – Rencontre-dédicace avec Bouzard, Ambre et Pierre Duba au cinéma ABC (13 Rue Saint-Bernard). En partenariat avec la librairie Ombres Blanches
17h – Concert : «les dessinateurs savent aussi jouer de la musique» avec Benoît Pretseille & Savon Tranchand.
19h – Concert : «les dessinateurs savent aussi jouer de la musique» avec David Snug & Trosky Nautique
20h – Début du concert déambulatoire avec 1 Up Collectif
21h – Fermeture de l’École des Beaux-Arts
21h – Arrivée du concert déambulatoire au Connexion Café (8 rue Gabriel Peri). Soirée Indélébile jusqu’au bout de la nuit avec projections de films (Pierre-Henri de Castel-Pouille), musique (DJ No Breakfast & ses amis)

Dimanche 29 avril

11h – Ouverture des portes.
15h – Grand loto.
19h – Fermeture des portes.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.