Daniel Lavoie: Une carrière «bénie des dieux» !

Daniel Lavoie revient au-devant de la scène avec un nouvel album «J’écoute la radio», dans lequel il relate ces quarante années de carrière en revisitant onze de ces chansons. Il sera de passage au Casino Théâtre Barrière le 10 novembre. Rencontre avec cet auteur, compositeur et interprète de talent.

 

Avec le recul, quel bilan faites-vous sur ces quarante ans de carrière ? (22 albums, 1 comédie musicale…)

Je considère que j’ai eu quarante belles années à exercer un métier que j’aime et qui m’a permis d’avoir beaucoup de liberté, de ne faire que ce dont j’avais envie, mais surtout de travailler une matière que j’adore : la musique. Ma carrière fut très variée dans la mesure où j’ai sorti beaucoup de disques, et également composé des chansons. J’ai fait quelques apparitions au cinéma, au théâtre, en passant par la comédie musicale. Ma carrière est bénie des dieux et j’en suis bien évidemment content.

 

Quel regard portez-vous sur l’évolution de votre musique ?

Ma musique a évolué lentement mais sûrement. En même temps, quand on commence ce métier-là et qu’on découvre la musique, que celle-ci frappe un cerveau tout neuf, ces années-là sont les plus marquantes qui font ce que nous devenons. Je crois que je suis resté quand même bien ancré dans les années soixante, soixante-dix, entre le rock avec Les Beatles et les Rolling Stones, le folk, la country. Ce sont les musiques de mon adolescence qui ont été la base de ma culture musicale et de  ce que j’ai fait toute ma vie. Mon dernier album en est le reflet et la reprise de tous ces titres sont très importants pour moi. Ces chansons ont traversé le temps sans avoir pris une seule ride. C’est vraiment là que j’ai puisé tout le vocabulaire musical dont j’avais besoin pour mener à bien cet album.

 

D’où vous vient ce goût pour la musique ?

En fait, j’aimerais savoir d’où vient ce petit miracle qui arrive à point nommé dès qu’on aborde un instrument. C’est comme une fenêtre magique qui s’ouvre vers autre chose.

 

«J’écoute la radio», est le titre de votre nouvel album. Pourquoi l’avoir appelé ainsi ?

C’est en écoutant la radio que j’ai été inspiré pour cet album. Je faisais mes courses dans une grande surface quand j’ai entendu une de mes anciennes chansons. Je vous avoue que j’ai été un peu déçu, je trouvais que le son enregistré alors, ne mettait pas en valeur la chanson en elle-même, peut-être à cause des synthétiseurs et du mélange de tous ces «nouveaux» sons ? En tout cas, je trouvais que la chanson avait la signature un peu trop évidente d’une époque. Je suis quelqu’un qui aime écouter la radio, j’ai eu envie de refaire ces chansons pour qu’elles soient plus intemporelles. J’ai profité de toutes les avancées technologiques de nos jours, des grands musiciens de grand calibre pour faire un album qui soit plus léger.

 

Dans ce nouvel album, on trouve des duos notamment avec Jorane, Maurane, Catherine Major, Renaud,  Robert Charlebois…  Comment sont-ils nés ?

Ce ne sont pas des duos, j’ai d’ailleurs essayé d’éviter ce piège. Quand j’ai proposé ce projet à ma maison de disques, ils m’ont dit : «Oui mais il faudra que ce soient des duos». Je leur ai fait comprendre que ce n’était pas ce que j’envisageais de faire. Je ne voulais pas être pris dans ce «carcan» de duos. J’ai préféré faire ce que j’ai toujours fait, c’est-à-dire avoir des invités qui viennent comme ça en «clin d’œil», qui apportent leur personnalité, leur émotion pour donner un petit crémage, un petit plus à la chanson. Les musiciens avec lesquels je travaille en ce moment font très bien leur travail et je pense que personne n’en souffre. Par contre pour l’album, je trouvais ça vraiment agréable de voir des artistes mettre leur petite patte dans quelques-unes des chansons.

 

Pourquoi ces chanteurs-là ?

Ce sont des artistes que j’aime, que j’admire avec qui j’ai déjà chanté. Je n’avais pas envie d’inviter des chanteurs que je ne connaissais pas. Ça aurait été un petit peu contradictoire. Faire un disque, est un travail d’amour. Je les ai choisis méticuleusement les uns après les autres.

 

Première œuvre littéraire

 

En même temps que vous revisitez vos plus grands succès, vous publiez votre première œuvre littéraire, «Finutilité». D’où vous est venue cette envie d’écrire un livre ?

C’est un livre qui est né des tournées. J’écris des textes depuis très longtemps, ça fait partie de mon métier. Quand je tournais seul, plutôt que de présenter les chansons de façon anodine et finalement de manière ennuyeuse, j’avais choisi de lire des textes. De petits «amuse-bouche» qui donnent une idée de ce que serait la chanson à suivre mais sans pour autant la vendre ou l’expliquer. A ma grande surprise des gens après le spectacle sont venus me demander de qui étaient ces textes et où ils pouvaient se procurer le livre. Alors je me suis dit que j’avais peut-être intérêt à les publier. J’ai donc approché un éditeur. Et de là, j’ai choisi quatre-vingt textes.

 

Quel style de livre ?

J’appellerais ça des essais poétiques. C’est à la fois très personnel, mais présenté de façon très poétique. Ce sont des textes minimalistes, courts, dont je n’ai gardé que l’essentiel.

 

«Finutilité», est un drôle de titre…

Ca reflète un petit peu ma vision du monde, celle d’un homme plutôt abusé sur l’éphémère de la vie. Tout est infini… et inutile.

 

Quels sont vos projets ?

J’en ai toujours ! Je suis en tournée. J’écris toujours. J’ai une émission de radio sur «Radio Canada» toutes les semaines. Je travaille avec un musicien sur un nouveau spectacle dont je suis l’auteur, mais qui ne me mettra pas en «vedette». Ce devrait être un genre de comédie musicale, mais pas tout à fait… (Pause) Je ne peux pas en dire davantage ! J’ai juste assez de projets pour me garder en santé !

 

Propos recueillis par Elsa Nardari



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