Dani Lary: «Je suis ému à chaque représentation»

Dani Lary fait partie des plus grands illusionnistes du monde. Il est sans cesse en quête de nouveautés et de créations d’illusions. Son spectacle «La Clé des Mystères» est une comédie-magicale retraçant l’histoire qui a marqué son enfance, celle du «Comte du Bois des Naix». Accompagné de ses six danseurs et comédiens, il enchaîne quarante grandes illusions aussi spectaculaires les unes que les autres. Rendez-vous à ne pas manquer le 9 décembre au Zénith de Toulouse. Rencontre.

 

Dani Lary, la magie est pour vous une passion d’enfance ?

Oui depuis l’âge de huit ans. C’est en regardant une émission à la télévision que j’ai compris que j’en ferais mon métier. J’ai été fasciné par ce numéro où le magicien découpe une feuille de journal et la reconstitue comme par miracle. De ce pas, je me suis enfermé dans la cuisine de mes parents, déchirant tous les journaux dans l’espoir bien évidemment de les voir réapparaître en un seul morceau. Je vois encore l’étonnement de ma mère.

Cinq ans plus tard, la magie opère vraiment pour vous si l’on peut dire…

Oui ! A 13 ans, je monte mon premier numéro de magie et à dix-sept, je rentre dans un club de magie à Grenoble. Lors d’un concours national, j’ai été élu champion de France et de fil en aiguille, j’ai continué les concours où j’ai été promu premier. Je me suis donc lancé dans le métier tout seul. J’ai commencé à inventer, j’avais compris le principe, la philosophie de la magie. J’ai développé tout ça pour créer mes propres numéros pour arriver un jour à monter un spectacle comme celui que je produis actuellement au Zénith.

Comment avez-vous appris toute la «philosophie» de la magie ? 

Dans les livres, tout simplement. A chaque Noël, je demandais à mes parents un livre sur la magie car certains ouvrages enseignent les tours de base. J’ai tout appris tout seul mais les débuts ont été difficiles : je relisais plusieurs fois le même article, revoyais plusieurs fois les mêmes dessins. J’essayais de comprendre, ce qui n’était pas toujours évident. A présent, je sais que j’ai bien fait de ne pas avoir de mentor. Cela m’a permis de développer mon imagination afin de pouvoir créer mes propres tours.

Maintenant vous êtes passé de l’autre côté, c’est vous-même qui créez vos illusions…

Tout à fait. Je fais partie des cinq créateurs mondiaux à inventer ses propres tours. D’ailleurs je vends mes tours de magie aux plus grands magiciens de la planète comme David Copperfield.

Quelle satisfaction…

Oui je suis le «gamin» le plus heureux de la terre car j’ai réalisé mon rêve d’enfant. J’en ai fait mon métier, je m’amuse en travaillant. Aujourd’hui j’ai un immense plaisir à présenter un spectacle avec plus de quarante grandes illusions, que j’ai créées. A la fin de chaque spectacle, j’en ai les larmes aux yeux…

 

On vous a connu dans l’émission «Le plus grand Cabaret du Monde» présenté par Patrick Sébastien… C’est une étape importante de votre carrière ?

Oui, je lui dois tout. Cette émission a quinze ans et depuis le début, j’ai à la fois le privilège et la douloureuse tâche de clôturer l’émission. Pour chaque représentation, je crée un nouveau tour.

Pour quelle raison, est-ce une «douloureuse tâche» ?

La responsabilité est énorme. Quand vous arrivez au «top» de votre activité, le plus dur est d’y rester. Tous les mois c’est compliqué, je me pose la même question : «vais-je être à la hauteur, le numéro va-t-il plaire ?…»

C’est un sacré challenge de créer un tour chaque moi…

Oui je pourrais même rentrer dans le livre des records… (Rires) Imaginez le nombre de numéros que cela fait… Il faut savoir que certains artistes, grâce à un seul numéro, font une carrière de toute leur vie !

Ce n’est pas frustrant ?

Non du tout, j’aime m’amuser. Je suis jouissif de créer, de voir le résultat, la réaction des gens.

Comment vous vient l’inspiration pour créer toutes ces illusions ?

Alors, c’est le mardi entre 22h et 23h… (Rires) Non je ne sais pas. Comme je vous le disais, tous les mois je dois trouver un numéro, j’ai donc un petit tiroir dans ma tête qui n’est jamais fermé. Je suis un grand observateur. Mes yeux sont ouverts en permanence. Je scrute tout. Par exemple, en attendant mon avion à l’aéroport de Barcelone, je regardais un homme qui emballait des valises, et en le voyant faire, je me suis posé cette question : «pourquoi ne pas me faire emballer ?» Le numéro de l’emballage a été créé à partir de ce moment-là. Je suis recouvert d’un film étirable, ma partenaire prend ma place et au final, elle se retrouve enveloppée entièrement et moi je suis à l’extérieur.

 

«La Clé des Mystères»

 

En quoi ce spectacle «La Clé des Mystères», est-il différent des autres shows de magie ?

C’est la première comédie-magicale que j’ai créée. Avant ce spectacle, ça n’existait pas. Les magiciens y compris moi enchaînaient les tours de magie à la «queue leu-leu». Aujourd’hui j’ai monté un spectacle comme une pièce de théâtre. Je raconte l’histoire fantastique du «Comte du Bois des Naix». Les tours de magie sont là pour souligner cette histoire et non le contraire. A la fin, cela donne un spectacle complet auxquels les gens adhèrent.

 

Les enfants me regardent comme si j’étais le copain d’Harry Potter !  

 

Justement, quelle est l’histoire du Comte du Bois des Naix ?

Le Comte du Bois des Naix espérait trouver une fiancée et se marier. Mais ce mariage n’a jamais pu être célébré car la jeune femme a été empoisonnée la veille de leur union. C’est alors que tous les cent ans à minuit, le Comte du Bois des Naix renaît dans son château pour retrouver sa fiancé…

 

Cette histoire est-elle vraie ?

Oui. Je suis né dans une petite ville dans la Drome près de Valence, où il s’est passé quelque chose d’extraordinaire. Nous avions un comte qui s’est marié tardivement à l’âge de 65 ans. Mais sa future épouse est morte le jour de leur mariage. Je suis donc parti de cette histoire. Quand j’étais petit, je jouais dans ce château. Avec mon ami d’enfance, Dominique, nous étions «morts de trouille» car il se disait qu’il y avait des fantômes. Mais nous y retournions à chaque fois ! J’étais imprégné par ce lieu, cette histoire. Et il se dit qu’une fois tous les cent ans à la date d’anniversaire de ce fameux mariage, tous les fantômes du château se réunissent pour fêter cette journée de noce qui n’a jamais eu lieu…

Chaque représentation est unique ?

Oui. Mais l’émotion reste la même. Depuis l’âge de treize ans, je rêve de devenir magicien, de créer le plus grand spectacle de magie en Europe. Aujourd’hui j’y suis arrivé, il m’aura fallu toute une vie pour le monter. Sur scène, je le dis au public et vous ne pouvez pas vous imaginer le bonheur que c’est, de voir les gens ébahis, avec les yeux qui brillent. Les enfants me regardent comme si j’étais le copain d’Harry Potter !

 
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Propos recueillis par Elsa Nardari



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