Corneille «Je sais qui je suis artistiquement et humainement»

Connu grâce à sa chanson «Parce qu’on vient de loin» qui le propulsera au-devant de la scène française, Corneille revient avec son album «Les inséparables» qui a pour marque de fabrique la même couleur musicale de ces débuts. Cet auteur, compositeur interprète sera le 22 novembre prochain au Casino Théâtre Barrière. Rencontre en toute simplicité avec ce jeune papa.

 

Pourquoi avoir intitulé votre album «Les inséparables» ?

«Les inséparables» est l’une des chansons de l’album. Elle parle de l’identité, le besoin de s’identifier à un groupe. A l’écoute de l’album, une fois achevé, je me suis rendu compte que je parlais beaucoup d’«unité», c’est un thème récurrent chez moi. Il y avait une volonté de ma part de vouloir garder les gens unis, les amis, la famille… Puis je venais d’être papa…

 

La paternité a-t-elle changé quelque chose d’un point de vue musical ?

Complètement ! J’ai appris à laisser aller les choses. La paternité nous apprend que nous n’avons plus aucun contrôle. C’est une belle leçon de vie que j’applique tous les jours, notamment dans ma musique. Quand une mélodie me vient spontanément, j’essaye de ne pas l’analyser, je la laisse exister, et donner de ce fait une chance à de belles chansons d’être naturelles. Quand une idée ne fonctionne pas, je laisse tomber, cela me facilite la tâche.

 

C’est un Corneille métamorphosé qui nous revient sur le devant de la scène…

Métamorphosé, je ne sais pas. Plus mature, oui. Par contre artistiquement parlant, il n’y a pas de métamorphose. Etant curieux de nature, je touche à plein de choses. La musique de manière générale, éveille ma curiosité. Les «choses» que je ne maîtrise pas, qui ne sont pas de mon domaine m’intéressent. Cela fait partie du cheminement d’un artiste de toucher un peu à tout pour finalement retrouver notre essence.

 

A quel stade de votre carrière êtes-vous ?

J’arrive à un moment de ma carrière où je n’ai pas envie de me prendre la tête. Je fais ce qui m’arrive le plus naturellement. Un des retours que j’ai le plus souvent concernant le dernier album «Les inséparables» est qu’il ramène beaucoup au premier «Parce qu’on vient de loin». Cela va de plus en plus aller dans ce registre-là car maintenant je sais qui je suis artistiquement et humainement. Je le sais davantage qu’il y a cinq ans.

 

Vous êtes auteur compositeur interprète. Votre processus de création a-t-il changé en dix ans de carrière ?

Il y a une évolution sur le processus de création. Dans un premier temps sur certains titres je suis en collaboration sur les textes ainsi que sur la réalisation. Il y a le recul, un apport extérieur de personnes que je connais bien, ce qu’il n’y avait pas auparavant. D’où l’enrichissement de ma musique. Ce qu’on entend dans cet album ne sort pas à 100% de ma tête, bien que le cœur de ce qu’on écoute c’est moi, ça me représente et c’est ce que je veux entendre. Je laisse la place à d’autres collaborateurs pour m’avertir quand je m’égare, pour me ramener à moi-même et me dire : «C’est mieux quand tu fais ça, comme ça…» J’ai besoin comme tout le monde de temps en temps qu’on me remette à ma place. C’est important pour que l’art soit le plus pur possible. Il est essentiel de laisser rentrer d’autres cerveaux, d’autres idées, d’autres instincts. Cela fait partie des choses qui ont changé dans ma façon de faire. Ma façon de créer est plus spontanée.

 

C’est une première pour vous les collaborations…

Quand j’ai commencé ma carrière, j’avais envie de savoir qui j’étais avant de collaborer, envie d’établir mon identité artistique. Je voulais installer une couleur qui m’était bien particulière. Je n’étais pas prêt à partager cet univers avec d’autres artistes. C’était peut-être par peur, mais à présent je suis passé à autre chose. J’apprends qu’au contraire, quand on invite des artistes qu’on choisit pour des raisons purement artistiques, quand on s’ouvre à la collaboration, le niveau musical est tout autre. Les sons sont plus riches.

 

Vous êtes en duo avec La Fouine, Soprano et TLF. Vous avez une attirance pour le rap ? On ne vous connaissez pas dans ce registre…

Effectivement on ne pouvait me reconnaître dans ce registre, car je n’avais pas le temps de tout faire. Mais j’ai grandi dans ce milieu, je viens de cette culture-là. J’ai appris à aimer la musique avec la culture afro-américaine, le mariage du hip-hop et du R’N’B. C’était logique pour moi à un moment de ma carrière d’arriver à ce style de registres. Le rap se volatilise en France, il a une image qui n’est pas toujours bien comprise. Etant de culture anglo-saxonne, musicalement parlant, c’est tout naturellement que j’aime ces codes de musique.

 

Avez-vous un rituel avant de monter sur scène ?

Mon premier rituel est d’appeler ma femme, la prévenir de mon entrée sur scène pour qu’elle me souhaite bonne chance. Il est également important d’échanger une bonne poignée de main avec toute l’équipe.

 

«Mes concerts sont des expériences humaines» 

 

Pour ceux qui ne vous ont jamais vu sur scène, à quoi peuvent-ils s’attendre ?

A quelque chose de vrai. Je monte sur scène car j’ai envie de partager quelque chose avec le public. Je chante ce que j’aime chanter, des chansons qui me ressemblent au moment où je suis en train de les vivre. Le plus fort pendant mes concerts au-delà de mon équipe sur scène et des chansons que je peux chanter, c’est la communion qui existe entre mon public et moi. La star de mes concerts, c’est mon public. Ils sont impressionnants. Ils sont plein de générosité, d’enthousiasme du début à la fin. Ça crée une ambiance assez unique. Mes concerts sont des expériences humaines.

 

Après votre tournée, un autre album est-il prévu ?

Oui pour début 2013. Il va être dans la continuité du dernier. Avec un choix plus personnel dans les thèmes traités et dans la manière de raconter une histoire. J’ai vécu plein de choses que j’avais envie de partager. Au niveau du son, il sera dans la même lignée que le précédent, avec des influences R’n’B, hip-hop américaine. Donc un peu plus rythmé car j’ai commencé à l’écrire pendant ma tournée. Il y avait de l’énergie, quelque chose d’électrique dans l’air. J’avais envie de reproduire ce son sur disque pour pouvoir le faire sur scène l’an prochain.

 

Propos recueillis par Elsa Nardari



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