Claude Canal n’est plus…

Salut l’Artiste…

Mon pote, mon Ami de toujours, vient de nous quitter en toute discrétion, victime de la maladie diront les communs. Moi je prétendrais de la solitude de la vie, de celle qui touche les personnes pensées trop âgées pour soi-disant apporter encore leur grain de sel, leur grain de vie, à ce qui fait notre quotidien. Et pourtant nous aurions tant et tant à apprendre d’eux, en sagesse, en force à se tenir, coûte que coûte, debout, en partage avec l’autre, en relativité sur tout ce qui fait le piment pour les uns ou le prétendu poison pour les autres, du temps présent.

J’avais tant à apprendre de lui, de mon frère Claude Canal…

Nous partagions depuis près de 40 ans, la passion de l’imprimerie, du livre beau et plus récemment de la peinture pour laquelle il avait un talent vrai, un don rare. Il était de ces artistes, de ces personnages qui au premier regard auront tout compris de la dimension, du touché à reproduire. Mais aussi de ces peintres toulousains, de ces êtres rares qui ont tant donné à leur ville et dont on ne se préoccupe, qu’une fois qu’ils auront tiré leur dernière révérence.

 

Il était Grand Prix de Rome…

 

Il ne vivra jamais de son art et ne cherchera d’ailleurs jamais à en vivre. La peinture était un dérivatif, un complément intellectuel, pour prendre le temps de la réflexion, s’éloigner du tumulte quotidien, oui, une récréation à la vie.

En fait, tout chez lui était inscrit dans le plaisir de faire, le plaisir de faire plaisir, de donner… Voilà à peine 18 mois, au Journal Toulousain, on lui consacrait une exposition, pour saluer l’ensemble de sa carrière. Depuis quelques années, cloué sur son fauteuil à tenter de domestiquer son diabète, à la dernière minute, se sentant diminué, il n’osera aller au-devant de ses amis et assister à son vernissage, pour ne pas affronter le regard de l’autre…

Il en gardera d’immenses regrets, d’autant que c’est son complice de toujours, Rémy Peyranne, qui ce soir-là lui rendra hommage en accord avec son talent comme ses valeurs humanistes qui étaient les siennes et l’ont conduit jusqu’à nous.

Oui Claude Canal était un Peintre Toulousain. Personnage atypique qui entrait aux Beaux-arts de la Ville rose en 1948… Là, il allait passer tous ses diplômes et obtenir un Grand Prix de Rome… Plus tard, pour assurer le quotidien, il se dirigera et consacrera toute sa vie aux arts graphiques.

La peinture est pour lui une passion, mais surtout une manière d’être, faite de partage et d’amitié, de recherche permanente de mieux vivre. Claude Canal est un altruiste, un épicurien qui n’aura peint au maximum qu’une centaine de toiles qui ornent aujourd’hui bon nombre de salons de personnalités françaises et internationales. Toutes devenues au fil du temps des amis, qu’il aura rencontrées pour la plupart sur les champs de courses de France et de Navarre. Les chevaux sont sa seconde passion… Il sera même durant un temps l’heureux propriétaire d’une écurie de courses, qui, dans les années 70-80, aura gagné bon nombre de grands prix, notamment à Cagnes-sur-Mer, sa deuxième ville fétiche…

Ce soir Claude me manque, son départ en catimini me peine, mais je sais que jusqu’au dernier moment, il aura continué à peindre pour oublier son combat physique, pour continuer coûte que coûte à pratiquer sa passion première.

Claude à bientôt, mon Frère je t’embrasse et n’oublie pas qu’on t’aime et que tu nous manqueras toujours.

 

André Gallego



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