Capitaine Phillips, de Paul Greengrass: Mal de mer

 Les voyages en bateau ne sont pas toujours de tout repos. Celui du capitaine Rich Phillips attaqué par des pirates somaliens n’a rien d’une croisière. A la barre du transporteur américain, Toms Hanks. Qui d’autre ? Rusé, humain, altruiste, un personnage à sa hauteur. Il est l’homme du film, jusqu’à ce qu’il fasse la rencontre – si on peut parler de rencontre – de Muse, le chef de la bande de pirates qui attaque le bateau. La relation qui se tisse entre les deux hommes est passionnante. Et d’une complexité étonnante. Ils sont ennemis, ils se mènent en bateau du début à la fin, mais ils se comprennent. Une sorte de syndrome de Stockholm qui donne au film une autre envergure, beaucoup moins manichéenne qu’il pourrait y paraître. Certes, les Américains sont les meilleurs, les Américains sont les plus forts, et c’est eux qui gagnent la bataille navale. Mais en face, les pirates somaliens ne sont pas mauvais non plus. Eux aussi ont peur. Eux aussi ne voudraient pas être là. Bizarrement, on s’éprend donc de tout le monde. Surtout que les plans bougent comme si le spectateur était lui aussi sur le bateau et vivait l’attaque de l’intérieur. D’où le mal de mer. Ou plutôt le mal en mer.

 

 

 

 

Ariane Riou



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