Buridane: Pas si fragile que ça !

Buridane, artiste folk lyonnaise sort son premier album «Pas fragile». Ne vous fiez pas à la douceur de sa voix ou à sa blondeur… Buridane n’est pas aussi frêle qu’on pourrait le prétendre. Pour ceux qui en doutent toujours, elle sera présente le 6 décembre prochain à La Dynamo. Rencontre.

 

Buridane, quel a été votre parcours ?

Je voulais être danseuse. Et puis la complexité de ce métier et la frustration de ce mode d’expression muet m’a faite doucement glisser ailleurs. Ecrire était une nécessité, et la chanson s’est trouvée être le moyen le plus efficace de partager un texte avec un public. J’ai commencé seule, accompagnée d’une guitare, que j’ai apprivoisée au fur et à mesure des scènes. Deux ans plus tard, je me suis entourée de musiciens (David Granier à la batterie, Sylvain Ferley à la basse et Daniel Jea à la guitare électrique) qui ont apporté une véritable ampleur aux concerts. Beaucoup de travail, le soutien des professionnels (le Chantier de Francos, le FAIR, l’Adami, la Sacem) et plus de deux cents concerts plus tard, il y a eu l’urgence et le besoin de faire ce premier album, enregistré aux côtés de Pierre Jaconelli.

 

Pourquoi avoir choisi ce nom de scène ?

J’ai féminisé le nom d’un philosophe français, Jean Buridan. Il est connu pour une petite fable qui aborde la problématique du choix. C’est l’histoire d’un âne, qui à l’issue d’une longue traversée du désert, se retrouve entre un seau d’eau et un seau d’avoine. Aussi assoiffé qu’affamé, la pauvre bête hésite entre les deux seaux sans savoir par lequel commencer, et finit par se laisser mourir entre les deux… Il est vrai que chez moi, chaque choix est lourdement pesé pour éviter tout regret futur. Et puis au-delà de ça, je trouvais cette histoire un peu drôle, un peu poétique, et finalement n’apportant peut-être aucune réponse.

 

«Pas fragile» est le titre de votre 1er album. Pourquoi l’avoir intitulé ainsi ? C’est comme cela que vous vous décrivez ?

«Pas fragile» est une sorte de mantra. Un moyen de trouver la force au fond de soi quand les autres pensent que vous ne l’avez pas. C’est peut-être aussi un peu comme une sorte d’alerte. Je suis une fille et je suis blonde mais je ne vais pas vous parler d’histoires d’amour. Une invitation à aller au-delà d’une apparence et à se pencher sur ce que je raconte avec une oreille peut-être plus avertie.

 

Comment définiriez-vous ce 1er album ?

Je me faisais la réflexion dernièrement que si on me donnait la possibilité de le refaire, je ne modifierais absolument rien. Je suis allée jusqu’au bout de ce que je pouvais à ce moment-là, et cet album est la parfaite photo de cet instant précis. De là où j’en suis aujourd’hui. Il a sans aucun doute ses défauts et ses imperfections, mais c’est ce qui le rend humain, vivant et honnête. C’est un album qui sert à la catharsis, qui sert à me faire du bien tout en faisant du bien aux autres. C’est un album qui parle de tout ce que l’on n’ose pas dire ou de ce qui ne se dit pas. Il est là pour sublimer ce qui est ordinaire ou laid et s’adresse autant aux femmes qu’aux hommes. Et où la musique n’est pas là pour faire joli mais pour appuyer le sens du texte.

 

Les paroles et la musique sont de vous, c’était une volonté de votre part de vouloir tout faire ?

Je ne sais pas si l’on choisit réellement les choses au moment où nous les faisons. Parfois ça s’impose à nous. J’ai besoin de parler et d’écrire, alors je ne me vois pas pour l’instant faire appel à quelqu’un d’autre. Et dans mon cas, aujourd’hui en tout cas, l’écriture de ces textes est intrinsèquement liée à la composition musicale. Il n’est pas impossible cependant qu’un jour cela évolue. Je pense que tout seul, on finit par tourner en rond. La rencontre, l’échange, tout cela décuple la possibilité d’aller plus loin dans la création. J’en ai d’ailleurs fait l’expérience auprès de Pierre Jaconelli qui a réalisé tous les arrangements de cet album.

 

A quoi pouvons-nous nous attendre en venant vous voir ?

A vivre un moment simple, qui se voudrait généreux. Du son, du texte, l’envie forte de partager tout ça et de vibrer un peu…

 

Elsa Nardari



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