«Bruit qui court» ou une décennie de rage

 

Les cinq membres de «Bruit qui court» s’apprêtent à fêter leurs dix ans le 4 mai prochain au «Samba Résille» avec le plein de surprises : «Des personnages de la scène toulousaine seront avec nous !». Leur fusion engagée est devenue au fil des ans «la» référence toulousaine en la matière. Nous les avons rencontrés à Saverdun (Ariège) dans leur studio pour un entretien également filmé et disponible sur notre web tv (avec le live du titre «Mon nom»).

Votre groupe fête ses 10 ans… Il reste quoi de cette histoire ?

Nous sommes toujours tous les cinq. Il n’y a jamais eu de changements dans le groupe. Nous avons écrit notre histoire au fur et à mesure, avec nos expériences diverses. Et puis, notre musique d’aujourd’hui n’a rien à voir avec notre musique d’il y a dix ans. Ce qui marque nos dix ans… C’est l’évolution du groupe.

C’est rare dans le milieu de la musique dix ans sans séparations entre les membres d’un groupe. Vous expliquez cela comment ?
On s’entend bien finalement (rires), avec une même ouverture d’esprit. On ne se met jamais de barrières notamment dans la composition de nos morceaux. Chaque membre du groupe a une liberté totale.

«Un vrai effort pour transmettre de l’énergie»

On sent beaucoup de rage, aussi bien dans votre musique que dans vos textes, ce qui correspond sans doute à un certain engagement. Est-il là depuis le début ?
Il existe en effet depuis la création du groupe. Nos textes ont toujours traité de notre quotidien, de nos peurs et nos colères… Mais forcément ces sentiments évoluent avec le temps. Nous n’avons forcément pas les mêmes peurs aujourd’hui qu’à vingt ans. Au début du groupe, notre musique était plus festive, plus joyeuse. D’ailleurs quasi tous, nous vouons une admiration pour Zebda, même si nous nous retrouvons sans doute davantage dans le cri de Noir Désir.

Alors justement on a la rage de quoi à trente ans ?

La rage d’avoir vu pendant dix ans ce qu’est devenu le milieu dans lequel on évolue, le milieu musical. La rage de voir les copains qui demandent des salles de concerts, qui ferment des salles de concerts… C’est notre rage première ! Après il y a la rage de la politique, avec nos engagements, nos colères et nos déceptions. Avec l’âge tous ces ressentis deviennent de plus en plus précis, aiguisés. Tout comme nos opinions politiques.

Est-il difficile de faire de la musique en 2012 ?

C’est compliqué. Nous avons la chance d’avoir notre propre studio-local de répétitions grâce à Damien notre batteur. Mais ce questionnement est celui de bon nombre de groupes à Toulouse et ailleurs. Aujourd’hui en France c’est une vraie problématique, et on ne se rend pas forcément compte de la pénurie de salles pour répéter et pour jouer. Il y a d’ailleurs de moins en moins de tolérance sur le bruit. Et donc il est de plus en plus dur de jouer et de faire des concerts.

Sur scène «Bruit qui court», ça ressemble à quoi ?

On se donne un cadre pour être le plus à l’aise possible sur scène et nos sets sont travaillés. Mais tout n’est pas calculé comme le font certains groupes. On se filme pour savoir ce que l’on dégage. Il n’y a pas de mise en scène mais un vrai effort pour transmettre de l’énergie.

Propos recueillis par Thomas Simonian

Concert anniversaire de «Bruit qui court» le 4 mai au «Samba Résille» (38 rue Roquelaine à Toulouse)



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