Biyouna « Ma gueule, c’est mon fonds de commerce »

Danseuse, comédienne, chanteuse… à présent Biyouna se lance dans son premier one woman show. Celle que l’on surnomme « la Gainsbarre de l’Algérie » sera le 29 janvier au Casino Théâtre Barrière. Rencontre.

 

Vous avez débuté votre carrière en tant que danseuse de cabaret à Alger à 17 ans… Comment devient-on comédienne ?

Un ami régisseur m’a présentée à un casting. J’ai ouvert ma « grande gueule », j’ai dit : « ce qu’ils font a l’air facile ! » Le réalisateur était hors de lui en s’adressant à moi : « Toi la grande gueule montre nous ce que tu sais faire ! » N’ayant rien à perdre, je me suis lancée et il a simplement dit : « C’est elle ! » C’est à ce moment-là que ma carrière en tant que comédienne a débutée.

 

Vous avez plusieurs autres cordes à votre arc, danseuse, chanteuse… A présent vous vous lancez dans votre premier one woman show…

Oui, après mon second album, mon agent Olivier Gluzman a constaté que sur scène je parlais avec mon public. Il s’est aperçu que les spectateurs étaient très réceptifs et m’a suggéré de faire un one woman show.

 

Ramzy n’est pas étranger à ce spectacle ?

Non, j’étais en tournage à ses côtés dans « Il reste du jambon ». Il savait que j’étais en pleine préparation pour un one woman show. Il m’a demandé s’il pouvait le produire. Je lui ai même suggéré d’en réaliser la mise en scène.

 

Quelle relation entretenez-vous avec cet humoriste ?

Au moment de la réalisation de « Il reste du jambon » la maman de Ramzy était encore vivante. Elle a eu juste le temps de voir son film et décéda peu de temps après. Depuis entre Ramzy et moi, une relation fusionnelle s’est installée. A présent je le considère comme mon fils. Quand il me voit, quand il m’embrasse, il commence à me sentir comme un petit chat.

 

Biyouna sur scène en deux mots…

Vous allez être surpris ! (Rires) En résumé, vous allez voir une grande gueule qui dit des conneries à tout-va !

 

« Je veux aider les femmes privées de liberté »

 

Vous mettez beaucoup en avant votre côté « grande gueule ». « Ma gueule c’est mon fonds de commerce, ma fierté ». Tels sont vos propos…

(Rires) J’ai dit ça ?! C’est pour embêter les gens qui ne veulent pas entendre la vérité ! Personne ne peut me faire fermer ma bouche !

 

Justement par rapport à ce trait de caractère, on vous surnomme la « Gainsbarre de l’Algérie »…

Ah ! C’est un grand honneur pour moi ! Serge Gainsbourg était un homme formidable. Il était très apprécié. Jane Birkin m’a dit un jour : « Si Serge t’avait connue, tu serais sa meilleure amie ! »

 

Dans votre spectacle, il est question de politique, d’économie, de «la dette » mais l’un des thèmes principaux reste la liberté. Vous faites allusion à la vôtre ?

Non, j’ai toujours eu ma liberté. Mais j’ai grandi au milieu de femmes soumises. Je veux aider les femmes privées de liberté. C’est un sujet qui me tient à cœur. Je suis pour l’égalité.

 

Vous parlez de vos contrariétés entre l’Algérie et la France…

Que vous le vouliez ou non, l’Algérie et la France ne se quitteront jamais ! Il y a entre ces deux pays une grande histoire d’amour. Ils me font penser à un couple divorcé mais qui continue à s’aimer… La vie est trop dure, alors pourquoi ne pas se serrer les coudes ?

 

Vous serez sur scène avec à la voix off Miloud (Samy Chiboub)…

(Rires) Il est présent de temps en temps, il joue le clandestin ! Ce garçon est formidable.

 

Avez-vous un mot pour votre public toulousain ?

Venez, venez ! Réservez vos places sinon le spectacle sera annulé ! (Rires)

 

Propos recueillis par Elsa Nardari



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