Bernard Werber : «Je suis un terrien préoccupé par ce qui arrive à son espèce !»

Né à Toulouse il y a 51 ans, Bernard Werber est rapidement reconnu comme l‘un des auteurs contemporains français les plus lus dans le monde. Vingt ans après le premier tome de la fameuse saga des «Fourmis», il défraye une fois de plus la chronique avec sa «Troisième humanité», premier tome d’une série qui promet bien des surprises. Rencontre avec un Toulousain à l’imagination presque parfaite.

 

Comment présenteriez-vous ce nouvel opus ?

C’est un roman dans lequel l‘un des héros est la terre, qui s’exprime. Deux chercheurs, David et Aurore, essaient d’améliorer le rapport de l’humanité à la Terre. Ils vont recréer un dialogue et surtout inventer une nouvelle humanité qui lui est plus adaptée.

Y-aurait-il un écolo en vous ?

Dans un sens oui, mais je ne me reconnais en aucun des partis politiques proposés dans les médias. Mon parti à moi, c’est de me mettre à la place de la planète et non pas de réfléchir à comment moraliser nos comportements. Le souci de la Terre, c’est de gérer une espèce locataire, elle n’est ni de gauche ni de droite !

Votre œuvre globale semble laisser présager que tout est possible ou en tout cas envisageable, avez-vous gardé votre âme d’enfant ?

J’espère oui ! En tout cas je fais un métier dans lequel je m’amuse, je m’émerveille et je créé. Des termes plutôt relatifs à l’enfance, c’est vrai ! La plupart des métiers est censée être triste et réclamer du sérieux. J’ai le droit de faire l’inverse.

Qu’est ce qui vous inspire ?

Je lis les journaux, je regarde les actualités pour trouver les liens secrets qui ne sont pas présentés. La philosophie m’inspire beaucoup, ainsi que les auteurs de science fiction. Boris Vian, Jules Verne. Philip K Dick. Flaubert ou encore Rabelais et Jonathan Swift sont mes mentors.

Vous avez été journaliste : comment s’organisent vos recherches pour l’écriture ?

J’ai un réseau d’amis qui date de l’époque où j’étais journaliste scientifique. Ils représentent l’essentiel de mes sources d’informations. Les voyages sont ma seconde source d’inspiration.

Quels sont vos secrets d’écriture ?

La prise de distance, la perspective. Il ne faut pas rester dans les analyses des éditorialistes, il faut s’en dégager, réfléchir par soi-même et trouver d’autres points de vue.

Comment expliquez-vous votre succès ?

J’écris avant tout des livres que j’ai envie de lire ! Il faut une intrigue et du suspens, or ce n’est pas à la mode en ce moment à Paris. Je suis un peu un arbre dans le désert… J’utilise des techniques, qui sont d’ailleurs employées au cinéma. On appelle ça les montages parallèles : plusieurs fils narratifs qui se croisent. C’est ma marque de fabrique.

Dans la vie, qui est Bernard Werber ?

Un terrien préoccupé par ce qui arrive à son espèce !

A quoi ressemble le quotidien d’un auteur à succès ?

Tous les matins de 8h30 à 12h30, j’écris au café. C’est la colonne vertébrale de ma vie, mon noyau dur. Ensuite, je déjeune avec un de mes amis avec lesquels j’échange des informations sur l’actualité. L’après-midi est consacré à la relecture et à la balade. A 19h, je fais du vélo d’appartement en regardant une série télévisée : elles drainent d’après moi les clefs du suspens, et il n’y a pas meilleur exemple de mondes fictifs qui tiennent la route sur plusieurs épisodes.

Vous êtes Toulousain. Avez-vous l’occasion de repasser par la ville rose ?

J’ai vécu à Toulouse jusqu’à 20 ans. Je suis allé au lycée Fermat, à Ozenne, puis en fac de droit. Je reviens tous les trois mois à peu près, car mes parents y habitent toujours.

Quels sont vos endroits fétiches ?

L’hyper-centre, car c’est là que j’ai vécu : place Saint-Georges, Saint-Etienne, place du Capitole et Saint-Sernin le dimanche. Toulouse me manque par moments : c’est un lieu d’apaisement a contrario de Paris, qui est le lieu du combat. J’aime déjeuner et dîner place Saint-Georges, à la pizzeria et surtout à l’Entrecôte ! Elle y est meilleure que partout ailleurs !

Votre dernier livre vient de sortir. Quels sont vos projets aujourd’hui ?

J’ai remis hier à mon éditeur la suite de Troisième humanité, qui devrait être publié en mars. Mais le succès du premier doit encore confirmer tout ça !

Comment faites-vous pour écrire si vite ?

Le fait d’être journaliste donne une grande aisance dans l’écriture. Et comme je fais ça depuis vingt ans, c’est bien plus facile qu’au début ! Le roman est un artisanat… Par ailleurs j’ai pris des cours de dactylo, c’est la clef : la main doit aller aussi vite que la pensée.

Vous avez fait quelques détours par le cinéma, y-aura-t-il une suite de ce côté-là ?

Pour l’instant non, je suis trop bien dans le roman, j’aime la liberté qu’il me procure. Dans le cinéma, il faut sans cesse faire des compromis, avec les producteurs, les acteurs, les chaînes, etc. Il y a une sorte de négociation permanente. Lorsque dans l’édition, on vous dit «oui ou non», dans le monde du cinéma, tout le monde vous dit «oui» mais personne ne fait rien !

 

Propos recueillis par Aurélie Renne

 

Nous sommes à l’ère de la deuxième humanité. Il y en avait une avant, il y en aura une… après. Tout commence au pôle sud, lorsque Charles Wells et son expédition tombent nez-à-nez avec des squelettes humains de 17 mètres de long. A Paris, le fils du chercheur, David Wells se penche sur le rapetissement humain, comme évolution de l’homme. De l’humanité passée à l’humanité future, il n’y a qu’un pas. Aurore Kammerer, spécialiste de la connaissance des amazones fera le lien entre ces deux civilisations, révélant par là-même le plus surprenant des secrets, qui bouleversera les générations à venir.

Troisième humanité, chez Albin Michel. En kiosque depuis le 3 octobre.



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