Avant l’hiver, de Philippe Claudel: L’automne, c’est mieux

La vie de Paul (Daniel Auteuil) est calibrée au millimètre près. Une immense maison tenue par une femme aux petits soins, des week-ends à jouer au tennis avec son meilleur ami et un travail de neurochirurgien qui occupe une grande partie de sa vie. Jusqu’au jour où il rencontre Lou (Leïla Bekhti), qui vient perturber, comme un grain de sable, les rouages de sa vie. Sur le papier, le scénario semble facile à appréhender. Sur le papier, seulement. « Avant l’hiver » est en fait bien plus compliqué qu’il n’y paraît. Plusieurs histoires s’entremêlent autour de la vie de Paul sans qu’aucune ne soit vraiment creusée. On cherche les indices, on s’interroge. En vain. Par exemple, la relation entre Paul et Lou, présentée comme le pilier du film, n’est jamais vraiment expliquée. On ne sait pas quelles sont les intentions de la jeune fille, ni pourquoi elle perturbe autant le neurochirurgien. Certes, la réflexion est un bon moyen d’intégrer le spectateur à l’histoire. Du coup, même si la qualité des images est particulièrement appréciable, même si le jeu des acteurs est crédible – notamment celui de Kristin Scott Thomas, touchante -, on sort dubitatif, voire amer. Comme avant l’hiver. Au moins, le film porte bien son nom.

 

Ariane Riou



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.