Aux sons et à la passion de l’orgue…

A quelques mois de la 17e édition du Festival Toulouse les Orgues, qui se déroulera du 9 au 21 octobre, Michel Bouvard, organiste, dévoile un joyau du genre : l’orgue des Augustins.


Les Toulousains le savent bien : la cité rose est constellée de nombreux trésors historiques et culturels. Parfois cachés, souvent peu connus du grand public, ces pépites patrimoniales sont toutefois régulièrement mises en lumière. Les orgues toulousaines font partie de cet héritage et l’occasion du festival Toulouse les Orgues du 9 au 21 octobre prochains est une aubaine tant pour la découverte musicale que culturelle. Notre belle ville dispose d’une collection exceptionnelle d’orgues ; une richesse et une diversité instrumentales qui en font l’un des rares sites européens où il est possible de jouer tous les répertoires. Depuis 1970, sous l’impulsion de Xavier Darasse, à qui le festival rend hommage pour cette 17e édition, la ville de Toulouse a pris soin de ses joyaux. «C’est grâce à cela, qu’à Toulouse il y a une telle concentration d’orgues dans un petit périmètre» explique Michel Bouvard, organiste titulaire de l’orgue de la Basilique Saint Sernin, «et notre but est que les gens se rendent compte de ce patrimoine que nous avons à Toulouse». L’orgue de l’église des Augustins est une figure de proue de ce trésor. Sans orgue depuis la Révolution, l’église doit le retour du mythique instrument à Xavier Darasse et au conservateur en chef du musée des Augustins Denis Milhau. Le grand facteur d’orgue allemand Jürgen Ahrend, spécialiste des orgues de style nordique (100 restaurations et constructions à son actif) a été sollicité pour cette création souhaitée d’inspiration des instruments baroques de l’Allemagne du Nord.

Plus de 370 orgues en Midi-Pyrénées

Dès l’entrée dans l’église, le regard du visiteur est indubitablement attiré par un impressionnant et lumineux buffet en chêne. Les volets, pesant chacun 180 kilos, sont peints selon une tradition des XVIe et XVIIe siècles. Leur forme particulière permet à la lumière de poursuivre sa route après avoir traversé les vitraux. L’orgue est placé sur une tribune spécialement aménagée et décorée par Pierre Belin. Comme l’explique Michel Bouvard avec enthousiasme et passion, «le but du musicien est de servir la polyphonie» et l’orgue des Augustins s’y prête merveilleusement bien de par les sons purs et cristallins qui s’en échappent. Pour lui cet orgue qui propose toutes les couleurs sonores de la littérature allemande, permet d’interpréter au mieux les œuvres des compositeurs outre-rhin des XVII° et XVIII° siècles, de Bach, de Buxtehude et de Scheidemann. Voir Michel bouvard jouer est tout aussi impressionnant. En communion avec les 33 jeux, les 3 claviers et la musique, le moment n’est que pur enchantement.

Marie-Agnès Espa

Xavier Darasse  «le Dali musical de Toulouse»

A l’occasion du 20e anniversaire de sa disparition, l’édition 2012 du festival Toulouse les orgues 2012 sera dédiée à l’organiste-compositeur toulousain Xavier Darasse (1934-1992). C’est sous son impulsion que la ville de Toulouse dans les années 70 a engagé une vaste campagne de restauration des orgues toulousains, allant même jusqu’à la création de nouvelles à l’exemple de l’orgue des Augustins en 1981. Pour Michel Bouvard, «Darasse, c’était le Dali musical de Toulouse», sensible autant à la musique ancienne et classique qu’à la musique contemporaine. Certains Toulousains l’ont connu, apprécié et surtout bon nombre se souviennent de son ingénieuse folie musicale.

Festival Toulouse les orgues

Les temps forts 2012

Dans l’idée de faire revivre le temps du festival l’esprit de Xavier Darasse, la programmation se veut éclectique et mêlée à d’autres arts. Ainsi, le festival Toulouse les Orgues 2012 s’ouvrira par une interprétation d’Olivier Latry et Shin-Young Lee du «Sacre du Printemps» de Stravinsky à 4 mains, sur l’orgue Cavaillé-Coll de la Basilique Saint Sernin. Emotion garantie pour néophytes et amateurs. De son côté, l’église des Augustins sera le lieu le 11 octobre d’un mélange inattendu entre orgue, poésie et percussion puis suivra une démonstration d’un derviche tourneur dansant aux sons de l’orgue.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.