Bernard Werber « Ma première dédicace militante »

Bernard Werber, auteur célèbre pour ses ouvrages alliant science et fiction a tenu à dédicacer son dernier opus à la librairie Privat, actuellement menacée de fermeture. Un soutien tout naturel pour ce natif du pays.

Pourquoi cette volonté de soutenir Privat ?

C’est la librairie de mon enfance, là où j’allais quand j’étais petit, je traînais la bas, j’allais y lire des bandes dessinées et feuilleter les Jules Verne. Elle se situe dans mon quartier : je passais devant tous les matins en allant à l’école. C’est ma Madeleine de Proust en quelque sorte.

Cela bouscule vos habitudes de dédicaces toulousaines ?

Habituellement je fais plutôt la Fnac et Castela, sur invitation. Je vais chez le premier qui réclame !  Ce sont mes parents qui vivent à Toulouse qui m’ont parlé des soucis que connaît la librairie, j’ai alors demandé à mon éditeur qu’il prenne contact. C’est ma première dédicace militante.

Après Castela et Virgin, un nouveau pan de la culture toulousaine est mis à mal, quel est votre sentiment sur ce sujet ?

Je pense d’une manière générale qu’il y a quelque chose à repenser sur les librairies qui doivent s’adapter à la concurrence d’Amazon notamment : pour moi la meilleure manière, c’est de créer encore plus de liens et de fuir le snobisme et l’élitisme dans lequel beaucoup semblent s’engluer. Au lieu de viser le plaisir du lecteur, beaucoup proposent des livres de plus en plus inaccessibles et ennuyeux, comme une forme de combat ! C’est une tendance qui amène à la mort des dinosaures.

La solution d’après vous ?

Il me semble qu’il faut plutôt être à l’écoute des réactions du lecteur. Il y a en France une sorte de mépris installé par une intelligentsia parisienne : « si un livre plaît au public, c’est forcément qu’il est mauvais ». C’est à contresens complet de la survie des libraires.

La mort du papier est-elle possible ?

Pas avant plusieurs années ! A titre d’exemple sur mon dernier livre, j’ai 3% de ventes en livres numériques en France. D’ici dix ans, peut-être atteindra-t-on la moitié ? Quand radio et télé ont débarqué, on criait aussi à la mort du papier… L’enjeu finalement n’est pas numérique ou papier mais bon ou mauvais livre. Et si le numérique fait lire de nouvelles personnes, merci !

Cette opportunité vous intéresse-t-elle ?

J’ai plein d’idées, mais je n’ai pas encore trouvé d’éditeur qui me propose un concept de diffusion sympa. Je pourrais faire le making of de mes livres par exemple.

Vous avez dédicacé le premier tome de « Troisième humanité », quelle est la suite ?

Le tome 2 est chez mon éditeur, il sortira le 1er octobre prochain. Et je travaille actuellement sur le tome 3…

Propos recueillis par Aurélie Renne

Troisième Humanité, chez Albin Michel.



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