« Bruit qui court » sort 5 titres qui forcent le respect

Nous avons rencontré Nico et Sandra de « Bruit qui court ». Le groupe toulousain vient de sortir « T.i.N.A », un EP qui ravira les amoureux de fusion, et vient de connaître l’arrivée d’un tout nouveau guitariste. Un vrai tournant.

La voix a une place très particulière dans cet EP. Pour quelles raisons ?

Dans les gros disques qui sortent en ce moment, la voix est souvent en avant, voire sur-mixée. C’est devenu habituel depuis Nirvana… Nous avions justement envie d’être dans une démarche inverse et que la voix ne soit pas supérieure à la musique. Il est vrai qu’on n’est plus habitué à avoir ce type de traitement, presque sous-mixé. Chez nous la voix est « brut de décoffrage » ! Elle est à l’intérieur du mix.

Y a-t-il un lien entre ce chant scandé, presque slammé, et le contenu de vos textes ?

Il y a dans ce que j’écris (Nico, ndlr) un historique qui vient du rap ; de tous ces groupes qui ont fait mon adolescence et qui m’ont construit non seulement musicalement mais aussi en tant que citoyen. C’est pour cela que dans quasi tous les textes, l’angle politique ressort… D’ailleurs, même chez des artistes de culture plus commerciale, type Grand Corps Malade ou Abd al Malik, il y a toujours cette vision politique.

Y a-t-il encore un sens à sortir un CD en 2013, à l’heure du tout numérique ?

On y a beaucoup réfléchi, mais notre idée est de vraiment être sur tous les fronts. Le support cd fonctionne toujours à la vente durant les concerts, et beaucoup le réclament… Même si on ne nie pas que le support numérique est plus actuel, et permet des achats mp3 à l’unité, le cd garde cette esthétique si particulière. Il reste un objet. Nous ne ferons pas le choix entre le cd et le numérique ! D’ailleurs la prochaine étape sera une sortie en vinyle. C’est un objectif qui nous tient cœur ; ce sera un vrai plaisir de l’avoir entre les mains…

Après cette sortie, quels sont les premiers retours ?

Il y a vraiment de bons retours qui ont débouché sur pas mal de plans en termes de concerts. On arrive de plus en plus à imposer notre patte ! Nous sommes programmés sur beaucoup de radios locales à Nantes, Lille ou Paris. Ceci dit, nous n’avons pas encore franchi le cap d’être un groupe qui se fait « défoncer » par les critiques… Le type qui ne nous aime pas, ne va pas encore prendre le temps de faire un papier sur nous ! (rires)

 

« T.i.N.A », 5 titres, 5 perles 

Entre une électricité rappelant parfois la lourde basse de Lofofora et un chant répondant parfaitement à la tendance slammée du moment, voici la galette surprise signée par des Toulousains engagés. Une entrée majestueuse avec un titre qui mélange habilement rage et mélodie entêtante… « Ici et maintenant » sonne comme un brûlot, « j’ai la violence de ceux qui n’ont plus rien » y rappe Nico, le chanteur engagé du combo toulousain, comme emporté dans une vague de guitares se prosternant devant le grand Tool. Et plus le titre avance… Et plus les cris manifestent. Les deux dernières minutes de ce morceau, instrumentales, sont simplement magnifiques et intemporelles. Laissez-vous y entraîner. Autre grand moment : le titre « Mon nom »qui allie douceur et brutalité. La voix n’y chante pas… elle vous parle. Cet EP est donc une vraie réussite, et fait définitivement de « BQC » une vraie référence du rock made in Toulouse. Une fusion qui décoiffe ! On adore.

Thomas Simonian

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