Arman Méliès « Je n’ai pas l’impression d’avoir pris un virage radical »

Le 7 septembre prochain, Arman Méliès viendra proposer de la « pop-electro » à la Dynamo. A cette occasion, l’auteur compositeur interprète, présentera son dernier album « IV ». Rencontre.

 

Quatre ans se sont écoulés depuis votre précédent album « Casino ». Pourquoi avoir attendu si longtemps pour sortir ce nouvel opus ?

Il s’est passé beaucoup de choses. J’ai tout d’abord écrit pour d’autres personnes, dont Hubert Félix Thiéfaine, et Julien Doré que j’ai ensuite accompagné en tournée sur quelques mois. En parallèle j’ai écrit un projet instrumental « Basquiat’s Black Kingdom » qui m’a pris beaucoup de temps, dont la sortie est prévue début 2014. Ce disque a été écrit dans la foulée du précédent. Il a fallu que je m’organise de façon à trouver suffisamment de temps pour pouvoir l’enregistrer, le sortir et faire la tournée par la suite.

 

Cet album s’appelle « IV », fait-il référence au 4eme album des Led Zeppelin du même nom…

(Réflexion) Effectivement il y a un petit clin d’œil, ce disque des Led est mythique. Pour le coup, la ressemblance s’arrête seulement au nom de l’album.

 

Pourquoi avoir sorti comme premier single « Mes chers amis » ?

J’ai fini d’enregistrer l’album pendant les présidentielles de 2012. Sachant que je ne pouvais pas le sortir rapidement, je voulais tout de même avoir un premier extrait en guise d’amuse-bouche pour donner un aperçu de l’esthétique du CD. J’avais envie de faire quelque chose d’un peu spécial qui soit ancré dans la réalité. Alors j’ai décidé d’accompagner une partie instrumentale avec une voix qui lit le discours de Nicolas Sarkozy lors de son élection.

 

Pour quelle(s) raison(s) avez-vous choisi celui de Nicolas Sarkozy ?

Il faut savoir que je n’ai pas choisi Nicolas Sarkozy en tant que tel, j’ai choisi le discours. Lorsqu’il a été prononcé à l’époque, il m’avait marqué. Il a fait un discours moitié écrit, moitié improvisé. Je l’ai trouvé assez symptomatique de manière générale. Le discours ne se souciait même pas d’être réel et applicable. J’avais l’impression d’entendre le Che prêt à faire une révolution mondiale. Venant de Nicolas Sarkozy qui pour le coup est loin d’être un révolutionnaire, ce décalage m’avait frappé.

 

Pour ce dernier opus vous travaillez davantage vos morceaux avec un synthétiseur au détriment de la guitare qui est votre instrument de prédilection…

Oui, cela faisait un moment que je m’intéressais au synthétiseur. J’ai déjà fait des morceaux avec cet instrument sur des précédents albums. Pour ce dernier-né, je voulais l’exploiter encore davantage. Je ne le maitrisais pas tant que ça, c’était un petit challenge personnel. Le fait de changer d’instrument me permet d’amener une nouvelle dimension au morceau afin de ne pas retomber dans les automatismes qu’on peut avoir. Et puis, ce n’est pas plus mal de se renouveler de temps en temps !

 

Pour le coup c’est François Hollande qui vous a inspiré avec son slogan « Le changement c’est maintenant ? »

(Rires) Je n’ai pas l’impression d’avoir pris un virage radical si ce n’est que la guitare est assez peu présente. J’ai l’impression qu’il y a un vrai fil conducteur qui lie ce disque aux précédents comme notamment dans « Casino » où je trouve qu’il y avait déjà ce côté synthétique même si cela reste très organique.

 

Avec le clip vidéo « Mon bel incendie », vous mettez en scène un tueur à gage pour éliminer des artistes français à l’exception de Christophe. Pour quelle raison ?

Tout d’abord j’ai fait le tour des artistes que j’aimais bien et qui auraient acceptés de se joindre à moi pour le clip. Au début de la réalisation Christophe était censé mourir comme les autres. Au cours de la réalisation, avec l’équipe nous trouvions marrant que le schéma ne se reproduise pas de façon infinie. Nous voulions une variation, qui se passe quelque chose pour qu’il y ait une certaine ambiguïté qui s’installe. Il faut attendre la fin du clip pour savoir s’il va y en avoir un qui sera épargné…

Pourquoi votre choix s’est-il porté sur Christophe ?

Si on prend le clip comme une déception de la chanson française, quelque part Christophe en est le parrain, il est intouchable. Cela nous paraissait logique de l’épargner.

 

Comme vous le disiez précédemment, vous écrivez pour différents artistes dont notamment Julien Doré. Quelle relation entretenez-vous avec lui car il y a un échange de bons procédés entre vous…

(Rires) Nous sommes très proches. Notre première rencontre s’est passée lors du premier album de Julien ou j’étais chargé des enregistrements guitares. Nous avons par la suite sympathisé. Je suis parti en tourné avec lui. Puis, nous avons commencé à travailler sur son deuxième disque. De collaboration en collaboration nous avons collectionné des prémices de chansons qui n’avaient pas abouti au préalable pour différentes raisons. Quelques échantillons de ces morceaux me plaisaient, alors j’ai décidé de les retravailler pour mon disque. C’est dans un premier temps sans le vouloir qu’il a contribué à l’écriture de certaines chansons de l’album.

 

Vous serez de passage le 7 septembre prochain à la Dynamo. Qu’est ce qui nous attend ?

Il y aura un côté assez électro qui sera en partie fidèle au CD. Le problème des musiques synthétique c’est quelles retranscrivent sur scène ce côté « figé » dont l’exécution peut s’avérer un peu ennuyante. L’idée pour y remédier est de marier l’univers du disque et quelque chose de plus vivant qui se traduit par l’accompagnement de différents musiciens. Pour le reste il faudra se déplacer afin de se faire une idée !

 

Propos recueillis par Elsa Nardari



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