Amour et Turbulences: « Je veux être le Hugh Grant du pauvre ! » Nicolas Bedos


Ludivine Sagnier, Nicolas Bedos et le réalisateur Alexandre Castagnetti ont présenté la semaine dernière à Toulouse Amour et Turbulences, qui sortira en salles le 3 avril prochain. Une équipe détonante, dans une comédie romantique qui s’amuse des clichés… Rencontre.

 

Julie (Ludivine Sagnier), jeune sculptrice qui essaie de vivre de son talent, presque mariée, mais vit encore chez sa mère (Clémentine Célarié). Antoine (Nicolas Bedos), avocat arrogant qui mène une vie de débauché. Deux ex qui se retrouvent de manière incongrue côte-à-côte dans un avion New-York/Paris. Le décor est planté. « C’est un parti pris de pute de boulevard ! » concédera Nicolas Bedos. De là, la comédie promène le spectateur dans le passé et lui fait revivre les scènes hautes en couleurs qui ont ponctué leur relation. Il essaye de la reconquérir. Elle résiste. La confrontation entre les deux fortes têtes n’a ni gagnant ni perdant. Le scénario est signé Alexandre Castagnetti, (créateur du groupe « La chanson du Dimanche », ndlr) et Nicolas Bedos, qui n’a pu s’empêcher de proposer sa plume et son humour : « Quand j’ai reçu le scénario, il y avait une bonne base mais ça méritait un gros, gros boulot de réécriture. » Il a retravaillé les personnages, surtout le sien… avec lequel il joue de son image, de celui qui se traîne une « réputation monstrueuse » de séducteur et doit batailler avec la femme qu’il aime. « C’est du vécu » assure-t-il. Ludivine Sagnier, quant à elle, peu habituée aux comédies romantiques a été séduite par le personnage de Julie « qui est dans la peur de perdre l’Autre. J’ai été sensible à sa jalousie exacerbée par les réseaux sociaux. A notre époque c’est tentant de se méfier de tout, de cette cyber-sociabilité dont on ne fait pas partie. » En même temps, Julie est victime de ses propres contradictions car « elle est cynique, elle ne fait pas confiance aux hommes, mais elle cultive un idéal enfantin : elle attend le prince charmant. »

 

Une comédie entre caricatures et sincérité

Le genre de la comédie romantique est respecté à la lettre. « On ne regarde pas ce type de film pour l’originalité. C’est très codifié avec du nous dedans » explique Nicolas Bedos. Entre Quand Harry rencontre Sally et Coup de foudre à Notting Hill (Oui Nicolas Bedos adore ce film !), Amour et Turbulences se veut LA comédie française qui rivalise avec les grands scénarii américains. Le plan drague en haut de la Tour Eiffel, la scène de la fille qui court au ralenti, cheveux au vent (et avec quinze centimètres de talons)… Tout y est. Mais avec une certaine finesse. « Ce que j’aime dans la comédie romantique, c’est qu’il y a un espace pour la caricature et un espace pour la sincérité » soulève l’actrice. « On a joué avec les clichés, mais on a donné de l’épaisseur aux personnages » surenchérit son partenaire de jeu. Comme dans toute comédie qui se respecte, une attention particulière est portée aux seconds rôles : Clémentine Célarié en mère castratrice et Jonathan Cohen, dans le rôle du meilleur ami à l’humour décapant, sont deux personnages qui viennent étoffer le scénario.

 

Un challenge pour les deux acteurs

« J’ai pas beaucoup d’expérience au cinéma, mais je voulais commencer par ce type de rôle. Je veux être un Hugh Grant du pauvre ! », déclare Nicolas Bedos. Celui-ci plus habitué des studios télé et des chroniques dans Marianne, a dû s’acclimater à l’ambiance du tournage : « C’est très Trotskyste ! On est toujours tous ensemble. » Et si son rôle est taillé sur mesure, « se montrer attachant » a été un challenge : « J’ai pas l’habitude » se plaint-il. Ludivine Sagnier, elle, n’a plus rien à prouver sur le grand écran. Mais pour aborder ce genre nouveau dans son palmarès, l’actrice s’est préparée de manière très spécifique : « Je suis allée sur des sites comme Doctissimo lire les témoignages de femmes jalouses par rapport à facebook entre autres. » Si Julie est une jeune femme jalouse, elle est aussi « drôle et sympathique, et ça c’est dur pour moi » ironise-t-elle

 

Ah Toulouse !

Le duo de choc a eu l’occasion de découvrir la ville rose, car toutes les scènes dans l’avion ont été tournées à Toulouse. « On a loué une maquette de l’A380, qui est normalement destinée aux visites. C’est le seul endroit en Europe où c’est possible de faire ça », raconte Alexandre Castagnetti. Les contraintes liées au huit-clos ont été habilement évitées : « on ne voulait pas que ce soit du théâtre filmé. Au total, il n’y a qu’une vingtaine de minutes qui se passe dans l’avion » soulève le réalisateur. Mais l’équipe a eu amplement le temps de profiter de la ville : « On a fait la fête à Toulouse ! » s’exclame l’humoriste. « J’ai particulièrement aimé les bars à tapas et les petites boutiques de fringues très sympas » surenchérit Ludivine Sagnier.

Coralie Bombail



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.