Airnadette : un spectacle qui laisse sans voix

Mime. Airnadette, l’incontournable groupe d’air musique, est de retour sur scène, le 2 mars au Phare de Tournefeuille, avec son nouveau spectacle, “Le Pire contre-attaque”, une comédie déjantée et intégralement en playback. Des tubes, des pubs, des extraits de films et des comédiens survoltés pour une grande messe de la culture culte ! - Nicolas Belaubre

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© The Sealy Man

Voir un spectacle d’Airnadette, c’est comme assister à un indescriptible carambolage télévisuel. Tout ce que l’industrie culturelle a produit de marquant depuis le début du XXe siècle s’y retrouve mélangé, encastré et compressé dans une sorte de pot pourri au rythme effréné. Donnant corps à des centaines de voix différentes, six comédiens-danseurs aux costumes hauts en couleur font vivre une aventure déjantée, à base d’extraits de tubes et de phrases cultes tirées de classiques du cinéma, de pubs potaches ou de discours politiques plus ou moins historiques. Annie Cordy y donne la réplique à Sylvester Stallone, la voix d’Edouard Balladur y croise une réclame pour des poissons pannés et “Star wars” se confond avec “La grande vadrouille” ou “Jurassic Park”. Le tout ponctué par les riffs percutants de Nirvana ou les lyriques envolées vocales de Lara Fabian. « Airnadette, c’est une bande de cinéphiles, amoureux de la musique, qui a eu envie de créer une comédie rock complètement barrée autour de la culture culte », résume Scotch Brit, la pin-up acidulée du groupe.

Dans leur premier spectacle, la “Comédie musiculte”, Airnadette proposait de suivre un groupe de rock dans une tournée délirante. Avec “Le Pire contre attaque”, la troupe se frotte au film de genre et entraîne le public dans une épopée loufoque et fantastique. À bord d’une Renault 14, « une voiture qu’elle est bien pour la conduire », transformée en machine à voyager dans le temps, les six comparses et leur manager se lancent à la recherche d’un des membres du groupe disparu. « Bien sûr, on n’atterrit pas toujours où l’on devrait et l’on croise des forces ennemies terriblement méchantes. C’est un spectacle plein de rebondissements et de péripéties », dévoile Scotch Brit. Plus que l’histoire, ce sont les références qui tissent la trame du spectacle. « Nous avons deux critères : que ce soit culte et drôle. On intègre le meilleur de tout ce qu’on a vu ou entendu. Pour nous, il n’y a pas de sous-culture culte. On embrasse tous les univers et tous les genres. On est nous-mêmes surpris de voir à quel point ce spectacle se partage en famille. La culture culte est transgénérationnelle », assure-t-elle.

Écrit selon les principes du mash-up – l’art d’associer plusieurs sons ou images – et du détournement, “Le Pire contre attaque” réalise le tour de force de raconter une histoire en 516 extraits sonores complètement hétéroclites. « Ce qui est génial, c’est que chaque comédien peut interpréter 80 voix différentes durant un même spectacle. Une sorte de cadavre exquis, un puzzle où le rire vient de la surprise », insiste l’équilibriste du playback. Sur scène, à défaut de faire vibrer leurs cordes vocales, les comédiens s’en donnent à cœur joie et dispensent une énergie contagieuse. « Le public danse avec nous et s’éclate sur des musiques qu’ils n’ont pas l’habitude d’écouter chez eux. On arrive même à faire chanter à tue-tête Lara Fabian à des métalleux ! » se félicite Scotch Brit.

Infos pratiques :
Vendredi 2 mars à 20h30 au Phare, Tournefeuille. 24 €. lephare-tournefeuille.com

 



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