11.6, de Philippe Godeau, Voleur des temps modernes

11,6 millions. C’est la somme dérobée par Toni Musulin, un simple convoyeur de fonds, le 9 novembre 2009. En somme, une tranche de vie extraordinaire dans une vie ordinaire. Une tranche dont s’est emparé Philippe Godeau pour faire son film. En tête d’affiche, François Cluzet. L’acteur français, qu’on ne présente même plus, incarne à merveille le rôle de cet homme qui a défrayé la chronique par son casse ingénieux, et pourtant si banal. De manière éparse, mais construite, le réalisateur raconte sa vie d’avant et celle d’après pour tenter de répondre à une question, celle que tout le monde s’est toujours posée : comment un homme, seul et sans encombres, a-t-il pu dérober une telle somme d’argent ? Il l’a fait vite, comme on retirerait de l’argent à la banque, prenant soin de ridiculiser la société qui l’employait et qui se moquait de lui depuis des années. Finalement, tout paraît si normal, que la normalité ambiante du scénario déteint sur le film. 11.6 est un bon film, bien monté, bien pensé. Mais jamais palpitant. A quelques mois de la libération de Tony Musulin, le film a tout de même le mérite de reconstituer une histoire qui ne manque pas d’intérêt. 2,9 millions d’euros n’ont jamais été retrouvés. C’est peut-être là tout l’intérêt.

 

Ariane Riou



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