Voiture électrique

Parmi les grandes annonces du Grenelle de l’environnement, la voiture électrique nous est présentée comme la solution citadine de demain, après demain ou plutôt d’hier ? Quoi qu’il en soit, faisons le point sur la renaissance à grand renfort de publicité de cette belle oubliée des années 1830…

 
Un peu d’histoire

Le premier véhicule électrique a fait son apparition aux alentours de 1830 (1832-1839). La première personne à avoir inventé une voiture électrique est Robert Anderson, un homme d’affaires écossais. Il s’agissait plutôt d’une carriole électrique. Vers 1835, l’américain Thomas Davenport construit une petite locomotive électrique. Vers 1838 l’Ecossais Robert Davidson arrive avec un modèle similaire qui peut rouler jusqu’à 6 km/h. Ces deux inventeurs n’utilisaient pas de batterie rechargeable. En 1859, le Français Gaston Planté invente la batterie rechargeable au plomb acide. Elle sera améliorée par Camille Faure en 1881. En 1897, les premiers taxis électriques sillonnaient New York. En 1900, un tiers des véhicules en service sont électriques…
Très présentes dans les années 1970, elles vont connaître un rapide déclin du fait de leur peu d’autonomie, du poids des batteries et de l’élan industriel vers les moteurs à explosion sur fond de pétrole peu onéreux.

Automobilistes peu concernés, à moins…

Alors que les premières voitures électriques seront commercialisées de série dès l’année prochaine, les automobilistes ne semblent cependant pas vraiment concernés, ni désireux de passer au véhicule zéro émission. Pas de quoi rassurer les constructeurs qui ont beaucoup misé sur leur succès. Révolution annoncée, la voiture électrique ne fait pas vraiment d’effet auprès des consommateurs pour le moment. Alors que l’automobile, symbole de la modernité et de la liberté, s’apprête, dans une certaine mesure, à changer pour la première fois en masse de type de carburation depuis 1908 et la mythique Ford T, les conducteurs du monde entier semblent faire la moue. La réalité sera fortement liée au couple performance prix dans un contexte de crise à ne pas oublier.

Le bal des constructeurs

2010-2011 vont voir arriver les premières voitures électriques en concession chez plusieurs constructeurs : Peugeot, Citroën, Mitsubishi, Smart, etc. La guerre a commencé depuis quelques mois déjà, puisque tous ces véhicules sont les stars des derniers salons de l’automobile. Néanmoins, l’avenir du véhicule électrique est encore plein d’incertitudes. À l’heure actuelle, les modèles que prévoient de proposer les constructeurs n’ont qu’une autonomie limitée (entre 100 et 160 km environ) ce qui les cantonne à un usage essentiellement urbain. Les infrastructures de recharge ou d’échange de batterie sont très loin d’exister à l’heure actuelle, et l’approvisionnement en électricité risque d’être compliqué pour les utilisateurs de la première heure !

 

Zoom sur quelques françaises

Côté Peugeot, on mise sur la ION. Construite par Mitsubishi sur la base de sa citadine i-Miev, la iOn est une voiture 4 portes pour quatre places. Elle a une autonomie de 130 km et sa vitesse maximale est de 130 km/h. Elle est rechargeable à 100 % en six heures ou en mode rapide à 80 % en 30 mn sur une borne spécifique. Quelques prototypes ont déjà été présentés aux entreprises et à la presse au salon de Francfort en septembre. Attendu fin 2010, le véhicule sera disponible pour un loyer mensuel de moins de 500 euros, soit un coût d’utilisation “inférieur à 1,5 euros pour 100 km”, indique le groupe. Le contrat de location comprendra la garantie et l’entretien du véhicule pendant 4 ans ou 40.000 km, qui sera la durée standard de location, avec une option de sortie à 2 ans. Chez Renault/Nissan, on attend la Twizy Z.E concept, tout un programme, une Kangoo et bien d’autres modèles qui seront prêts mi-2011, jure-t-on chez le constructeur. Les Chinois quant à eux sont déjà prêts à faire rouler des hordes de voitures à bas coût et sûrement à inonder le marché mondial.

Avis d’écologiste

Nous avons tous du mal à comprendre pourquoi il faut plusieurs années pour relancer des technologies qui existaient il y a 20 ans mais bon…
L’avancée technologique se fera au travers des nouvelles batteries ion-lithium plus performantes et donc permettant une meilleure autonomie. Coincée entre véhicule classique et hybrides, la voiture électrique sera assurément réservée aux besoins citadins et à la proche périphérie des villes. Le coût sera un élément déterminent du marché. Si les constructeurs s’obstinent à faire des électriques de luxe à plus de 15 000 €, alors il faudra revoir les objectifs de vente à la baisse… et attention aux coréennes et chinoises qui pourraient inonder notre marché intérieur.



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