VMC obligatoire

La prise de conscience environnementale, nous conduit à repenser nos habitudes en matière de consommation d’énergie. Chacun a compris que dans l’avenir, nous devrions consommer mieux et moins. Le bâtiment, comme les autres secteurs d’activité, a fait évoluer ses techniques pour approcher le concept de construction à énergie positive avec des labels tels que le fameux HQE (Haute Qualité Environnementale). Isolation utilisant de nouveaux matériaux, mais surtout portes et fenêtres étanches, concourent à économiser de très précieux degrés. Néanmoins, pour évacuer humidité, mauvaises odeurs et COV (Composés Organiques Volatils) présents dans notre habitat, ventiler est obligatoire.

 
Changer d’air…

Le renouvellement d’air de votre intérieur représente 20 % des pertes caloriques hiver et faisant entrer l’air chaud en été sape le travail de la climatisation. Comment concilier une bonne aération de la maison et une perte limitée de chaleur ? Le plus simple et le plus courant consiste à ouvrir les fenêtres entre 3 et 5 minutes, ce qui est suffisant pour renouveler l’air sans refroidir la pièce. Bien sûr, le préalable est d’éteindre les radiateurs ou les convecteurs. Dans une chambre, il faudrait laisser la fenêtre entrebâillée la nuit pour évacuer la vapeur d’eau produite par le ou les occupants. Ce n’est pas toujours possible quand il fait froid ou que vous êtes dans un environnement bruyant.

Ventiler intelligent

Comment éviter de voir calories et euros s’envoler ? La réponse porte un nom : VMC (Ventilation Mécanique Contrôlée). Si le système n’a rien de révolutionnaire, il revêt aujourd’hui un intérêt particulier et fait partie des éléments importants du bilan énergétique de l’habitat. Le concept consiste à extraire l’air vicié de l’intérieur pour le remplacer par de l’air provenant de l’extérieur à condition que l’environnement ne soit pas pollué (fort trafic automobile, fumées d’usines etc…). Le matériel est simple à installer, constitué d’un moteur généralement situé dans les combles et de bouches d’extraction sur les pièces de service (cuisine, WC, salle de bain, buanderie…) auxquelles sont associées des bouches d’insufflation dans les pièces à vivre (chambres, salon etc.) Trois types de VMC, de la plus simple à la plus sophistiquée, se disputent un marché qui commence tout juste à décoller.

 

VMC, le choix

La VMC simple flux qui se contente d’extraire et de rejeter l’air, déclenchée souvent de façon manuelle ou au mieux programmée, avec comme conséquence en hiver de faire entrer de l’air avoisinant 0°C et d’évacuer de l’air péniblement chauffé à 20°C à coups de KW. La VMC double flux ajoute au principe précédent un échangeur qui permet de transférer les calories de l’air extrait à 20°C en hiver à l’air entrant avec généralement une perte de 2 à 5°C selon les techniques utilisées. Le principe dit des flux croisés permettant un échan-ge de température maximal, associé à une vraie étude de performance, liant dimensionnement des réseaux, régulation hygrométrique et gestion dynamique des accès permet un rendement de 95 %. Cela représente une économie sur la facture chauffage entre 20 et 40 %, ce qui n’est plus négligeable du tout et met bien en évidence que ce paramètre de ventilation fait désormais partie des composantes essentielles des bilans énergétiques.

Le nec plus ultra

Toujours en recherche de performance, tout un univers de complémentarité s’ouvre à la VMC, couplage avec du solaire, puits canadien etc… mais le must est l’adjonction d’une mini pompe à chaleur et l’on parle alors de VMC thermodynamique. Sachant qu’en théorie l’on peut extraire des calories d’un éléments jusqu’au 0°C absolu (-273°C), l’idée consiste à récupérer de la chaleur en faisant transiter l’air avant de le rejeter par une PAC d’une centaine de Watts qui vient élever la température en sortie de la VMC. Imaginez que votre habitation est construi-te sur un vide sanitaire de 0,5 à parfois 1 m de hauteur, ce sont une centaine de m3 d’air dont la température été comme hiver avoisine les 15°C. En lieu et place de pomper l’air à l’extérieur, si vous utilisez le réservoir de calories de votre sous-sol, le rendement deviendra positif et votre VMC pompe à chaleur chauffera votre maison… Le rêve ! Bien sûr, tout cela fonctionne à l’envers l’été pour rafraîchir les locaux.

 

Avis d’écologiste

Dans tout ce bouillonnement d’idées, il est parfois difficile de choisir la bonne technologie pour sa future maison que ce soit pour du neuf ou en réhabilitation. Si vous demandez à votre chauffagiste habituel ce qu’il pense de la VMC thermodynamique, vous risquez d’être déçus. En fait, si ces technologies représentent un potentiel important d’emplois, force est de constater que la formation est à la traîne et c’est bien l’enjeu des années à venir que d’anticiper les besoins en matière de qualification sur ces domaines émergeants. Les Conseils Régionaux dont l’apprentissage fait partie des compétences seraient bien inspirés de mettre en place des sites référence qui seraient à la fois des vitrines pour les nouvelles technologies et des lieux d’apprentissage pour nos jeunes en recherche d’emploi.



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