Visite des Indiens Kogis les 15 et 16 octobre à Toulouse: A la rencontre des «derniers hommes»

Certains les appellent les «derniers hommes», d’autres, peuple «premier» ou «racine». Derniers descendants des civilisations précolombiennes, les Kogis sont les témoins vivants qu’une civilisation peut vivre dans et avec la nature, en harmonie et en équilibre avec l’environnement. Isolés depuis la conquête espagnole dans les montagnes de la Sierra Nevada, en Colombie à 1 200 kilomètres de Bogota, ils vivent selon leurs rites et coutumes, se soignent avec leur pharmacopée ancestrale. Un peuple de tradition orale, dont les savoirs ont traversé le temps et les siècles. Un peuple pacifique qui subit une énième vague menaçant leur survie. Les Kogis ont besoin de conserver ou retrouver leurs terres pour perpétuer leur mode de vie et la biodiversité nécessaire à leur alimentation, leur soin, leur vie. Sortis de leur isolement dans les années 80 pour alerter le monde et dénoncer la déforestation, les indiens ont tissé des liens particuliers avec l’association française «Tchendukua, Ici et Ailleurs». La tournée organisée en France par l’association avec les indiens (voir programme en encadré), permettra de lever des fonds pour racheter des terres mais aussi la possibilité de passer de rares et probablement riches moments d’échange et de partage avec les «derniers hommes».

«Les Kogis nous mettent en face du sens de nos actions»

C’est suite à sa rencontre avec Eric Julien, fondateur de Tchendukua dans les années 2 000 que l’entrepreneur toulousain Jean-Pierre Chometon devient Président de l’association «Tchendukua, ici et ailleurs». Rencontre.

Jean-Pierre Chometon, l’association existe depuis 15 ans maintenant. Pouvez-vous nous expliquer son objet ?

L’association a été créée en 1997 par Eric Julien. Au cours d’un voyage dans la montagne en 1985, Eric Julien est victime d’un œdème pulmonaire. Ce sont les Kogis qui l’ont trouvé et soigné. De cette aventure, des liens forts se sont noués. L’association, qui compte aujourd’hui 6 000 membres, a trois objectifs. Le premier, aider les peuples racines et principalement les Kogis à retrouver leur terres ancestrales et faire vivre leurs valeurs. Le second : développer avec les populations concernées des programmes de préservation, de reconstruction de la biodiversité. Le troisième : organiser des actions de sensibilisation et de formation au développement ici en France.

Les Kogis vivent loin de notre univers. Un tel voyage ne doit pas être chose simple pour eux ?

C’est une certitude ! Mais ils ont ressenti la nécessité de venir appuyer nos démarches. Ils sont les moteurs de cette visite. Leur présence à nos côtés pour porter le projet de rachat des terres donne une autre dimension, un autre impact à leur cause. Avec eux, les portes s’ouvrent plus facilement. Une anecdote me vient à l’esprit à ce propos. Lors de leur dernière venue en 2004, un objet appartenant à leur histoire était exposé au Louvre. Impossible par la voie classique de permettre à nos amis de pouvoir passer un moment auprès de leur relique dans le Musée. Un de nos contacts a sollicité la bienveillance du Président Chirac, dont la sensibilité aux peuples premiers était connue, pour permettre cet accès aux indiens. Grâce à cette intervention, les Kogis ont pu se recueillir sur ce que nous pourrions considérer comme une relique sacrée.

«Les Kogis n’ont pas nos maladies»

A Toulouse, le thème de la rencontre avec les Kogis est la santé…

Oui, nous avons validé des thèmes avec eux, puis déterminé quel thème aborder dans quelle ville. Pour la Santé, Toulouse est apparue comme une évidence, la ville où est installé l’Oncopole, qui compte nombre de chercheurs, et d’Universités. Une ville aussi, dans laquelle notre conférencier Thierry Janssen (ndlr : chirurgien devenu psychothérapeute spécialisé dans l’accompagnement des patients atteints de maladies physiques) est déjà venu et a pu apprécier la qualité de l’accueil.

Comment se soignent-ils ?

Les Kogis n’ont pas nos maladies. Ils sont moins atteints que nous par les virus. Les cas de cancer sont extrêmement rares. Ce sont des exceptions et je ne pense pas qu’ils connaissent le stress ! Ils n’ont pas de vaccins, pas de médicaments ni notre style d’hygiène. Au cours de la soirée, Jean-Louis Crouan, médecin urgentiste, témoignera de leur état de santé. Il a passé quelque temps auprès d’eux en Colombie lors du tournage d’un prochain «Ushuaia» (ndlr : la diffusion est prévue d’ici la fin de l’année). Leur vision de l’homme est plus globale que la nôtre. Pour eux, si on tombe malade, c’est parce qu’il y a un dérèglement dans notre corps qu’il faut rééquilibrer. Tous ces thèmes seront abordés au cours de la soirée du 15 octobre.

 

Les indiens Kogis

Ils ne sont plus que 12 000. Ce sont les derniers héritiers des Tayronas, une des plus grandes civilisations précolombiennes du continent Sud-Américain. Acculés par les conquistadors, les ancêtres des Kogis ont été réduits en esclavage, dépouillés, anéantis. Installés au nord de la Colombie, au cœur de la Sierra Nevada de Santa Marta dont le sommet culmine à 5 800m, ces indiens sont restés plusieurs siècles coupés du monde. Une montagne particulière qui représente pour eux le cœur du Monde, la Terre Mère qui leur a transmis le code moral et spirituel régissant leur organisation et leur vie, une terre qui les a si bien protégés au cours du temps.

 

Marie-Agnes Espa

Les citations :

«Pour nous, la terre c’est la vie… Si nous continuons à construire un monde artificiel, nous allons mourir…»

Mamu Cuncha, indien Kogis

«Pour nous, la Sierra Nevada, ce n’est pas simplement un territoire, c’est le cœur du monde, de la vie, c’est comme un corps vivant…»

Miguel Dingula, indien Kogis

 

 

Programme

Lundi 15 octobre

Halle aux grains à 19h30

Conférence débat sur le thème de la Santé

Avec Thierry Janssen, chirurgien et psychothérapeute, Jean-Louis Crouan, médecin urgentiste, Eric Julien, géographe fondateur de l’association Tchenducka accompagné d’une déclaration d’un kogi.

Partie musicale avec Michel Podolak, chef d’orchestre, la troupe de la compagnie Cœur et Jardin, Art Mengo.

Mardi 16 octobre

Entiore à 19h

Echanges avec des chefs d’entreprise sur l’intelligence collective

Tarifs de 10 à 15€.

Avec 15€, 150m2 de terres sont restitués aux Indiens Kogis.

Possibilité d’inscription sur : www.tchendukua.com

 

 



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