Un chercheur toulousain lauréat de l’Académie Nationale de Médecine

En décembre dernier, Philippe Le Bouteiller, docteur en biologie, a reçu le prix Henry et Mary-Jane Mitjaville à l’Académie Nationale de Médecine. Une distinction qui encourage ce Directeur de recherche à l’Inserm, chef d’équipe « Immunité, gestation, thérapie » du Centre de Physiopathologie de Toulouse Purpan, à poursuivre ses travaux suite à la découverte d’un récepteur cellulaire nommé CD160, potentiellement utilisable dans les traitements contre certains cancers et pathologies oculaires.

C’est en 1997, dans le cadre de ses travaux sur le rôle d’une molécule (HLA-G) dans le contrôle des mécanismes immunitaires qui se mettent en place durant la grossesse, que Philippe Le Bouteiller identifie le récepteur cellulaire CD 160 sur certaines cellules endothéliales. Ce récepteur, une fois activé par un anticorps anti-CD160 qui le reconnaît spécifiquement, bloque la prolifération et induit la mort des cellules endothéliales qui tapissent les vaisseaux sanguins anormaux (néo-vaisseaux). Cet anticorps monoclonal offre un espoir dans le traitement de certains cancers mais aussi de nouvelles pistes thérapeutiques en ophtalmologie.

Le principe est que « lorsque le récepteur est activé, il induit la mort des cellules endothéliales des vaisseaux anormaux » explique-t-il. Au cœur du procédé : le blocage de la prolifération des néo-vaisseaux à l’origine de certaines pathologies cancéreuses et oculaires (perte de vision et affection de la rétine). Dans le cadre d’un traitement anti-cancéreux le procédé viendrait en complément d’une chimiothérapie.

«Ce travail d’équipe a nécessité de nombreuses de collaborations. Notamment avec le Docteur Armand Bensussan, directeur de l’unité Inserm 976 à l’hôpital Saint Louis de Paris qui a le premier répertorié CD 160, le professeur Pierre Brousset, directeur du Laboratoire d’anatomie-cytologie pathologique au CHU de Toulouse Purpan et responsable de l’équipe « Mécanismes moléculaires de l’oncogenèse » au Centre de recherche en cancérologie de Toulouse et également le professeur François Malecaze, Chef de Service d’Ophtalmologie de l’hôpital Purpan.» déclare Philippe Le Bouteiller pour qui il s’agit d’une « nouvelle thérapie anti-cancéreuse par inhibition de l’angiogenèse et activation de l’immunité innée», d’une biothérapie prometteuse. « Les applications potentielles sur l’homme sont nombreuses mais les travaux de recherche pour en comprendre encore mieux les mécanismes et pour arriver à synthétiser la forme la plus efficace de cet anticorps vont nécessiter encore du temps. » conclut-il.

 

 

Marie-Agnes Espa



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