Président oui, mais de qui ?

Vous ne connaissiez pas la COCOE ? Je vous rassure, moi non plus… Mais depuis dimanche soir cette belle inconnue est devenue une vraie star malgré elle. Elle a fait d’un Jean-François Copé «décomplexé», le chef d’une famille idéologiquement coupée en deux. Ne nous arrêtons pas au seul résultat… Analysons cette campagne interne à l’UMP de manière globale, et regardons de plus près le résultat. A Toulouse, nous avions été les témoins de la fracture d’aujourd’hui, avec les deux meetings animés par les deux candidats en lice. Copé, fringuant et offensif, avait tenu à l’Union un discours volontairement «populiste», mettant l’accent sur les thématiques communautaristes plutôt que de nous proposer des réponses à la crise. Sur la scène de la salle Mermoz, Fillon avait lui plutôt endormi la foule en tenant pourtant un discours économiquement vrai… Mais en rien enchanteur. L’un a donc offert du rêve au militant, l’autre a souhaité faire peur en «surfant» sur un pragmatisme bourgeois. Les deux avaient sans doute raison. Résultat : 50/50. Mais allons plus loin… Pour le vote des motions, c’est la «Droite forte» des jeunes loups Geoffroy Didier et Guillaume Peltier qui a eu la faveur des militants. La synthèse de ce psychodrame politique, c’est que la base militante de l’UMP s’est droitisée… voire extrême droitisée. Ceci n’est pas un jugement, c’est juste une analyse factuelle.

Et les conséquences ?

François Fillon a parlé d’une «fracture morale et politique.» Des mots forts… De cette élection interne à un parti, nous pourrions en observer de lourdes conséquences sur l’échiquier politique. Jean-Louis Borloo et son UDI d’un côté, Marine Le Pen et son «rassemblement bleu Marine» de l’autre, voici les vrais gagnants de cet épisode de notre histoire politique. Affaire à suivre. Mais que la gauche ne se réjouisse pas trop vite… Les Verts et le Front de Gauche sont décidés à ne plus vraiment jouer le jeu au Parlement. Notre économie était en crise, mais depuis dimanche soir, c’est également notre classe politique qui l’est.



UN COMMENTAIRE SUR Président oui, mais de qui ?

  1. Romuald dit :

    En Haute-Garonne, le résultat n’est pas de 50-50 mais 62-38.
    Ce résultat n’est pas à chercher dans un programme pour 2017, les militants locaux ont remarqué le détachement de François Fillon vis à vis du quotidien des militants. Pour preuve dans son discours, je n’ai aucun souvenir d’action pour les militants.

    Au contraire, Jean-François Copé a demandé par exemple l’investissement de tous dans des manifestations, il offre plus de responsabilités aux jeunes, mais surtout il veut revenir aux fondamentaux du terrain. Ce sont des éléments qui n’ont rien à voir avec une quelconque droitisation, mais ce sont les attentes qu’avaient les militants pour un chef de parti. Car localement avant de penser à 2017 (qui est très important), nous avons 4 échéances à gagner en 2014 et 2015.

    A Toulouse, l’UMP sera plus soudée et plus forte, mauvaise nouvelle pour nos adversaires !

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