Le débat avec les gestes. Un vrai révélateur

Il y en a qui ont de la chance. J’en fais partie. Avoir, suite au débat Sarko/Hollande d’hier soir, une analyse autre que celles qui énumèrent les petites phrases assassines ou les décryptages des postures attendues…  Une analyse de la gestuelle des deux candidats, ça vous dit ? C’est bon j’ai entendu votre réponse… On y va !

« - Hollande / Difficile d’analyser ce candidat… Il cherche à contrôler sa stature, ses gestes, ses mots, ses regards et enfile un masque de «commandeur».

Lors du débat, ses gestes ont trahi une volonté d’être d’égal à égal avec son adversaire : ses mains se positionnent souvent devant lui, formant ainsi une barrière virtuelle.

Le débit de parole est assez rapide, le ton changeant.

Parfois, sa paupière gauche tombe plus rapidement que la droite, preuve que le sujet le touche profondément.

Son regard passe souvent par-dessus les verres de ses lunettes, il observe, analyse, tout en se protégeant. Là aussi, barrière virtuelle de défense.

Sa main droite prend dans sa paume deux doigts de sa main gauche, l’index et le majeur, et son pouce gauche, rassurant, caresse le dessous de sa main droite. On est bien là dans la retenue, la peur, et la volonté farouche de ne pas être soi, mais de paraître pour ce candidat rassurant et maîtrisé. En effet, la main droite tenant la gauche, la cachant, il tente de faire disparaître l’affect et de le remplacer ainsi par la raison.

Ses pieds sont cachés, bien tenus l’un par l’autre, enroulés… Dans la retenue de lui-même…

Son corps, souvent en arrière sur sa chaise, démontre un homme méfiant, sur la défensive.

Le regard plutôt fixe, peu de gestes, Hollande est vigilant et ne veut surtout pas se trahir, pour cela, il n’hésite pas à tricher.

-          Sarkozy / L’expressif à outrance… Il laisse parler son corps, ne fait pas dans la retenue… Tout se lit en lui et paraît donc bien plus sincère.

Le volontarisme de ce «candidat-président» se retrouve dans ses épaules… La droite dénonce un besoin profond de performance.

Quant à la gauche, c’est un défi personnel. Il est impliqué professionnellement, mais aussi personnellement. Les deux épaules bougeant en même temps, l’être entier vibre, dirige, incite, il «invite» l’autre dans son «univers».

Le débit de parole est calme, posé, le ton est toujours le même, il reste impassible.

On a vu plusieurs fois son doigt pointer, ses poignets étaient dégagés, les deux mains participent et appuient les mots. Ce sont là des gestes du dominant, du dirigeant, du contrôlant.

Le sourcil droit relevé, il met son adversaire au défi et le tient à distance. Il appuie même cette volonté par sa main droite relevée, tous les doigts tendus.

Ses pieds sont posés par terre, les jambes ne sont pas fermées, il est réaliste et ouvert au dialogue.

Son regard se tourne tour à tour vers les journalistes et son adversaire, il s’adresse à tout le monde, est à l’aise, et n’a rien à cacher. D’ailleurs, il ne le pourrait pas, il n’est absolument pas dans la maîtrise de ses gestes, ses épaules en témoignent.

Droit, charismatique, il rassure et assure sa capacité à diriger notre pays.»

Bon, vous voyez il y avait de quoi dire non ? Elle a du talent mon «coach» préféré. Hum… De temps en temps, je ferai de nouveau appel à elle pour des décryptages inattendus.

Si vous désirez une analyse sur le mode sportif, on peut aussi donner le résultat du débat : Match nul.

Car d’un côté, Sarkozy sûr de ses forces, n’a pas non plus souhaité prendre des risques, de l’autre, tout l’UMP attendait le faux pas de Hollande. L’homme a su contrôler ses faiblesses comme indiqué dans l’analyse gestuelle, et n’a pas «flanché».

Or, Nicolas Sarkozy avait un retard à combler… Et Hollande une avance à gérer.

Le match nul est donc à l’avantage objectif du candidat de gauche.

Vivement dimanche !

 

 

 



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