Les rugbymen sont-ils naïfs ?

Depuis quelques semaines, le monde du rugby tremble et tente de se justifier face à de graves accusations de dopage. Non seulement, les laboratoires chargés de détecter les substances illicites dans le sang des joueurs affirment que le rugby est aujourd’hui le sport le plus touché par le dopage, mais en plus, certains rugbymen eux-mêmes, témoignent de leur expérience ou « balancent » les copains.

Argument principal retenu, la transformation physique des sportifs depuis quelques années. Laurent Bénézech, dans une interview accordée au Monde, fait état « de mâchoires carrées » comme preuve de la prise d’hormones de croissance quand d’autres dénoncent une musculature toujours plus développée. C’est peut-être un peu léger pour affirmer que tous les rugbymen se dopent… D’ailleurs, même le responsable de l’antidopage à la Fédération française de rugby, Christian Bagate le souligne en parlant de « délit de faciès » et répond à Laurent Bénézech : selon son raisonnement, si tous les joueurs ayant la mâchoire carrée étaient sous hormones, alors tous les chauves comme lui auraient pris de la testostérone… Edifiant. Tout ça pour dire qu’il faut faire attention aux raccourcis malheureux et aux conclusions hâtives. Et pour bien faire comprendre cela à Monsieur Bénézech, Serge Simon, président de Provale (syndicat des joueurs) pensent le poursuivre en justice pour diffamations. Car, évidemment que le physique des joueurs a évolué, mais cela se s’explique pas forcément par le dopage. Il y a quelques années, le rugby n’était encore qu’un sport populaire pratiqué par des passionnés qui ne pouvaient en aucun cas prétendre en faire leur métier. Les choses ont bien changé depuis, puisque, devenu professionnel, le rugby exige désormais un investissement supérieur. Les joueurs s’entraînent tous les jours et effectuent des séances de musculation intenses. Il est donc normal que les morphologies aient changé.

Alors sans pour autant nier que le dopage est présent dans le rugby, comme dans tous les sports, il faut rester prudent. Et surtout ne pas laisser croire que pour parvenir à un niveau de Top14, il faille nécessairement être dopé, car ça c’est sûr, c’est faux !



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