L’antijeu des candidats !

Peu évoqué, voire pas du tout, par les candidats à la présidentielle, le sport revêt pourtant un fort potentiel de socialisation, mais représente également 33 milliards d’euros, soit 1.8% du PIB français. Les 10 candidats se sont positionnés sur ce sujet, mais ils n’ont été que très peu relayés. Je m’en vais réparer cet oubli…
Pour Eva Joly, «les programmes d’investissements prévus pour de grandes opérations comme pour l’Euro 2016, le programme des Arénas, le réaménagement de Roland Garros ou le grand stade de la Fédération Française de Rugby, ne peuvent être considérés comme prioritaires.» Pourtant, ces manifestations dégagent un bénéfice économique, et participe aussi à l’image d’une ville que ce soit au niveau national, ou international. Et la seule manière d’attirer le maximum de monde reste d’investir sur des structures pouvant accueillir le plus d’amateurs de sport possible.
De son côté, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan s’insurgent : «Ca me gêne que le Qatar ait acheté le PSG. Le Qatar est intervenu en soutien d’un certain nombre de groupements islamistes notamment dans les différents printemps arabes, alors qu’il se présente aux démocraties occidentales comme étant un pays éclairé qui n’aurait aucun contact de près ou de loin avec des groupements fondamentalistes», explique la candidate du FN. Et le leader de Debout la République de rajouter : «Le Qatar encourage le choc des civilisations et investit dans le sport power pour véhiculer ses valeurs.» Même si l’on peut regretter qu’un club français ait été racheté par des investisseurs étrangers, il reste dommage de mélanger le sport, vecteur de cohésion sociale, avec la politique nationaliste. Les Qataris qui ont racheté le PSG n’auraient-ils pas simplement voulu effectuer un placement d’argent avant de penser à une quelconque récupération fondamentaliste ?
Jean-Luc Mélenchon, lui, souhaite «modifier la loi sur les retransmissions télévisées pour que les manifestations sportives féminines d’une importance majeure soient traitées de la même manière que les manifestations sportives masculines.» Cette proposition est fondamentalement équitable mais encore faut-il que les retransmissions soient suivies, car aucune chaîne ne voudra investir dans la diffusion de programme à faible audience. Et là, il s’agit plus d’une évolution des mœurs et de la société que d’un simple passage à la télévision.
A l’inverse, Philippe Poutou, souhaite que les Français se déplacent dans les stades et pense que, pour «permettre au plus grand nombre de partager des compétitions et manifestations sportives nationales et internationales, il faut pratiquer des tarifs accessibles à tous.» Il est entendu que certaines rencontres restent relativement chères mais la plupart reste tout à fait abordable. Ce n’est pas tant l’entrée au stade qui pèse dans les budgets, mais plutôt les «à-côtés», car les compétitions d’importance nationale et plus encore, internationale, se jouant essentiellement à Paris, les provinciaux avouent être plus freinés par les frais annexes (restaurant, hôtel, transport…) que par le prix d’une place pour un match. Là, il s’agit plus d’un problème de pouvoir d’achat que de sport.
Quant à Nathalie Arthaud, elle regrette «que le sport porte toutes les tares de la société capitaliste : nationalisme, racisme, sexisme, violence, mercantilisme et exploitation». Jacques Cheminade rajoute que «le culte du corps et de l’argent facile a pris le pas sur l’effort, le travail collectif et la maîtrise de soi.» Il est vrai que le sport, et plus particulièrement, le football peut être vu plus comme une entreprise que comme un sport, mais il faut garder à l’esprit que le sport ne se résume pas qu’au ballon rond et pas seulement non plus au sport professionnel. Les valeurs de partage, de respect, de convivialité et de dépassement de soi restent encore majoritaires, me semble-t-il.
Quelques politiques ont tout de même mis en avant le sport dans son ensemble et notamment l’éducation au sport. François Bayrou pense que «le sport pour tous est un facteur d’inclusion sociale qui doit être une priorité. La question du sport et celle de l’éducation doivent être étroitement liées.» François Hollande, lui, souhaite intégrer le ministère des Sports dans un pôle éducatif, et Nicolas Sarkozy, qui tire son propre bilan remet les choses en place : «Malgré un contexte économique et financier extrêmement difficile, le budget du sport a été sensiblement augmenté depuis cinq ans (+16%). Il est important de ne pas nourrir de fausses illusions sur les capacités d’augmentation de ce budget.»
Autrement dit, de gauche à droite, le sport n’est pas une grande priorité pour les candidats aux élections présidentielles, malgré l’imminence des Jeux Olympiques. D’ailleurs, si Paris avait décroché l’organisation de ces mêmes Jeux, certains auraient peut-être tenu des discours différents, mais ça… Nous ne le saurons jamais !



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