La carrière d’Amstrong part en fumée

Les langues se délient, les accusations fusent, les plaintes contre les dirigeants de l’UCI pleuvent et les têtes tombent. L’affaire Amstrong n’est pas seulement l’histoire d’un champion déchu mais bien celle d’une organisation de grande ampleur dans laquelle de nombreuses personnes sont mouillées. Orchestrée par un seul homme, Lance Amstrong, qui a su s’entourer de gens prêts à vendre leur âme ou trop influençables, la manœuvre de l’ancien sextuple vainqueur du Tour de France, est aujourd’hui qualifiée de mafieuse. Mais, outre ses anciens co-équipiers, les médecins de son équipe… c’est maintenant la direction de l’UCI qui est accusée de trahison. Car si Pat McQuaid, actuel président de l’Union Cycliste Internationale, clame aujourd’hui, à qui veut l’entendre, que Lance Amstrong est indigne de son sport, où était ce même McQuaid quand les suspicions pesaient sur son ancien protégé ? Non pas qu’il l’ait favorisé, mais il semble que celui qui dénonce aujourd’hui, a couvert hier. Quand, à plusieurs reprises, le coureur a simplement présenté un certificat médical antidaté pour justifier un contrôle positif aux corticoïdes, ou quand des démentis ont été diffusés pour disculper Amstrong d’usage d’EPO, Monsieur McQuaid n’avait peut-être pas encore retrouvé sa conscience sportive. Et plus encore, un ancien cycliste, Paul Kimmage, vient de porter plainte contre le président de l’UCI pour avoir aidé Amstrong à empocher des sommes importantes d’argent pendant qu’il était dopé, via des comptes en Suisse. Ceux qui aujourd’hui dénoncent, sont les tricheurs d’hier. Comment voulez-vous redonner au vélo, ses lettres de noblesses, quand même les dirigeants, ceux censés être garants du respect des règles, sont impliqués dans la plus grosse affaire de dopage que le monde du cyclisme ait jamais connu.

L’affaire Amstrong fait trembler et concentre toutes les rancœurs accumulées jusqu’à présent par les professionnels, les organisateurs mais aussi les afficionados du cyclisme. Pour montrer leur mécontentement, certains sont même allés jusqu’à brûler l’effigie d’Amstrong. Ce sont des Anglais d’Edenbridge qui ont décidé, pour le Guy Fawkes Day durant lequel ils fêtent l’échec d’un complot visant à faire exploser le Parlement (1605), de mettre le feu à une reproduction du coureur cycliste. Et sur une pancarte : «A vendre, vélo de course, désormais inutile !» Certes cette action reste disproportionnée mais elle incarne la sensation désagréable des passionnés de ce sport, de s’être faits floués, durant près de dix ans.



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