Débat Hollande/Sarkozy ; «C’est celui qui dit qui y est !»

L'ultime face à face
L'ultime face à face

Mercredi soir dernier, 17 millions de téléspectateurs se sont calés dans leur canapé, ont organisé une «soirée débat» avec des amis ou sont allés se regrouper dans des cafés pour écouter ce que les deux derniers candidats à la présidentielle avaient à leur dire… C’est-à-dire pas grand-chose. Je ne pense pas que les Français attendent ce débat pour prendre une décision sur le dernier bulletin à glisser dans l’urne le moment venu, mais plutôt qu’ils s’attendent à un spectacle, à un exercice traditionnel où les deux protagonistes vont tenter de se déstabiliser plutôt que de s’adresser à leurs électeurs.

Personnellement, je ne m’attendais pas à voir un François Hollande aussi offensif et revêche, ni un Nicolas Sarkozy tant sur la défensive ! A plusieurs reprises, il m’a semblé réellement que les deux candidats cherchaient, à tour de rôle, à placer de petites piques (parfois même hors propos) pour tenter de faire exploser l’autre, comme si le but du débat était là. Car, il fallait garder à l’esprit qu’il y a cinq ans, quand Nicolas Sarkozy se tenait à la même place face à Ségolène Royal, il avait bien précisé à cette dernière qu’un président ne pouvait pas s’énerver, qu’il devait toujours rester maître de ses actes et de ses dires.

Et en cherchant bien, les deux sont parvenus à trouver la «petite faille» : d’abord, Nicolas Sarkozy a fait gentiment remarquer à son adversaire qu’il avait changé d’avis depuis les primaires socialistes quant aux centres de rétention qu’il souhaitait d’abord voir disparaitre mais qu’il veut conserver maintenant. On a senti là, qu’Hollande réfléchissait au fur et à mesure de l’attaque de son vis-à-vis à une réponse plausible et crédible… mais en tous les cas, on l’a clairement senti vaciller. Œil pour œil, dent pour dent, le candidat socialiste a eu tôt fait de trouver lui aussi le sujet qui ferait mal à Nicolas Sarkozy : lorsque le sujet sur l’immigration a été abordé, et que le président sortant a confondu «étrangers» et «musulmans». Immédiatement, François Hollande s’est jeté sur l’occasion pour mettre son adversaire dans l’embarras, et l’on a senti la voix de Nicolas Sarkozy quelque peu vacillante, laissant le temps à son accusateur de terminer sa phrase pour avoir le temps de préparer la sienne.

Mis à part tout cela, ce fut une bataille où les deux protagonistes se sont lancés des chiffres à la figure toute la soirée ; chiffres qui d’ailleurs n’étaient pas les mêmes selon le côté de la table où l’on se trouvait. Comment peuvent-ils débattre d’un sujet s’ils ne partent pas des mêmes constats ?! Et de lancer «Vous mentez !», «Non, c’est pas vrai !», «Si c’est vrai !», «Quand on m’a comparé à Franco, à Pétain, à Laval, et pourquoi pas Hitler, vous n’avez pas dit un mot…», «Mais moi j’ai eu droit à tous les animaux du zoo !». Ce genre de dialogue me rappelle vaguement quelque chose… : «Maîtresse il m’a traité», «Non c’est pas vrai !», «Si c’est vrai», «Oui c’est lui qui a commencé»…



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