Se chauffer à moindre coût

L’histoire est un éternel recommencement. Chaque année pendant que nos concitoyens essayent, pour celles et ceux qui le peuvent, d’oublier les tracas du quotidien, juillet-août est propice aux augmentations en tous genres. Bien sûr, l’énergie dont personne ne peut se passer est la première cible de nos «grandes entreprises citoyennes». Avec +14,1 % depuis avril d’augmentation du gaz, GDF and Cie sont au top mais rassurez-vous, l’électricité ne sera pas oubliée, même si le tarif n’est pas encore affiché. Alors que faire, devant ce dérapage permanent et cette incapacité bienveillante des pouvoirs publics à stopper les excès ? Le Journal Toulousain va essayer au travers des semaines à venir de vous informer sur les bons plans pour faire des économies.

 
Economies de chauffage

L’énergie représente actuellement 12 % des dépenses des ménages contre 4,8 % en 2004. Le chauffage à lui seul engloutit 70 % de ce budget. Alors comment limiter les dégâts ? Printemps pluvieux et froid, été qui tarde à arriver, automne ensoleillé mais frais, comment gérer ces intersaisons capricieuses qui allongent le temps de chauffage et alourdissent les factures ? Comment dans ces périodes entrecoupées de journées ensoleillées gérer humidité et température intérieure génératrices d’inconfort ? Qui n’a pas songé en entrant dans sa voiture ou dans sa véranda réchauffée par les rayons solaires à cette énergie perdue…

Air chaud solaire

C’est à partir de ces éléments que les industriels ont créé les premiers capteurs à air. L’objectif est simple, transférer de l’air réchauffé par le soleil dans l’habitat pour élever la température et abaisser le taux d’hygrométrie. Ce capteur utilise le soleil de deux façons complémentaires. Un capteur plan du même type que ceux utilisés pour l’eau chaude sanitaire et dans lequel l’on remplace simplement la circulation d’un fluide colporteur par une circulation d’air, assure la fourniture des calories. Combiné à ce système, un panneau photovoltaïque actionne un ventilateur qui commande la circulation de l’air. Placé en façade contre un mur de préférence situé au sud ou sur un plan incliné, ce capteur injecte dès que le soleil apparaît, de l’air sec et chaud de façon automatique sans consommer un seul Watt.

 

Intérêt du système

Ce capteur solaire à air peut augmenter la température de votre intérieur de 4 à 5°C. Il ne s’agit donc pas d’un moyen de chauffage à part entière mais bien d’un complément calorifique. Par ailleurs, l’air produit étant sec, la diminution de 15 à 25 % du degré d’hygrométrie, apporte un confort supplémentaire et contribue à créer une ambiance favorable en matière de santé. Sans raccordement au réseau, sans technique de régulation compliquée et presque sans entretien, il s’agit là du produit idéal pour les lieux humides et peu ventilés dont les résidences secondaires. On estime à 50 % l’économie de chauffage. En option en période chaude, un échangeur peut fournir de l’eau chaude sanitaire. Les capteurs peuvent être montés en série dans des dimensions comprises entre 1 m² et plusieurs dizaines de m² en exploitation industrielle.

Mur solaire

Plutôt tourné vers le monde industriel, il s’agit de placer des capteurs perforés à une distance d’environ 20 cm d’un mur souvent en simples parpaings, situé au sud. Cette cavité d’air, monte en température au contact des panneaux et un système de régulation injecte dans le bâtiment de l’air chaud et sec. La distribution peut être directe ou connectée à un réseau de gaines diffusant à plusieurs endroits de la structure concernée. De conception assez rustique, le système permet néanmoins, d’économiser jusqu’à 50 % des besoins de chauffage avec des températures pouvant atteindre 40°C par une belle journée ensoleillée. On estime par ailleurs à 1 tonne de CO² économisée pour 5 m² de capteurs. Le coût du revêtement est parfois inférieur à celui d’un mur maçonné et crêpi.

  

Fournisseurs

Comme d’habitude, la France découvre ce que nos voisins installent depuis des années avec en pointe l’Espagne et pour nous un fabricant en Corse. Les prix annoncés sont largement exagérés puisque en 190 x 90 cm et un débit moyen de 100 m3/h avec un équivalent de 450 W/h de production, il faut compter 2 000 à 2 500 €, prix installé. Ces prix prohibitifs n’ont rien à voir avec la réalité du produit que chacun peut se bricoler. Il suffit de faire un châssis  rectangulaire de 2 x 1 m sur 0,1 m d’épaisseur, de l’isoler sur 3 faces en le recouvrant intérieurement de noir. On ferme la partie supérieure par une plaque translucide en polycarbonate (40 €). En associant un ventilateur solaire de 5 W en 12 Volts, disponible sur internet au prix de 100 € TTC livré, un interrupteur classique et un contacteur de coupure réglé sur 30° (2 €) le coût global ne devrait pas dépasser les 200 € avec la mise en œuvre. Nous laisserons le lecteur faire ses recherches sur le net avec pour les murs, la société SolarWall en pointe sur le sujet.  

Avis d’écologiste

Voilà un produit simple et intéressant dont à mon avis, le prix posé ne devrait pas dépasser les 500 €, mais dans notre pays tout ce qui induit des économies d’énergie est frappé d’un coefficient multiplicateur démesuré… Puisque tout le monde s’accorde à reconnaître, qu’il faut accélérer sur les aspects économie d’é-nergie et donc limitation de la production de CO², pourquoi ne pas imposer des prix dans ce domaine, plus proches de la réalité du coût de revient ? Notre récente publication relative au photovoltaïque à mis en évidence, le manque de contrôle en la matière. Le libéralisme a ses limites, quand un système n’est pas régulé, en physique, il n’a que deux états, ou il s’emballe ou il s’arrête. Alors à quand un plan Marshall développement durable qui impose des prix plafonds…ou alors Grenelle n’aura été qu’un alibi pour amuser le citoyen…



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