Scandale national

GDF-SUEZ vient d’annoncer une augmentation de ses tarifs de gaz de 9,7 %, record historique de ces dernières années, provoquant un tollé général des consommateurs, des syndicats et d’une large majorité de la classe politique… En fusionnant GDF et SUEZ, l’Etat avait assuré que cela servirait l’intérêt des consommateurs… Qu’en est-il aujourd’hui ?

 
Mensonge étatique

En septembre 2007, Jean-François Cirelli, futur PDG du groupe fusionné assurait dans les médias «la fusion avec Suez n’aura aucune répercussion sur les prix de gaz ! Ces prix resteront contrôlés par l’Etat». En annonçant en “période de crise”, un bénéfice net de 4,7 milliards d’Euros, et en distribuant à ses actionnaires, au titre de l’exercice 2009, 1,47 euro par action (+ 5 % par rapport à 2008), on pouvait penser que cette entreprise dans laquelle l’Etat français est actionnaire à plus de 35 % allait se comporter en entreprise citoyenne en n’augmentant pas le prix du gaz dont on sait tous qu’il impacte directement le pouvoir d’achat de chacun d’entre nous. Il n’en est rien !

 

Dérive libérale

La base de la politique libérale défendue par le gouvernement actuel était basée sur le principe de concurrence qui devait servir à réguler les prix et même à les faire baisser… En fait c’est le contraire qui se passe puisque le gaz va augmenter de 9,7 % au 1er avril et malheureusement, il ne s’agit pas d’un gag ! Cela intervient dans un contexte où le prix du gaz n’a jamais été aussi bas, l’offre étant supérieure à la demande. Pendant des années, on a conseillé aux gens, souvent les plus modestes, d’investir dans du chauffage au gaz, plus écologique, moins coûteux et aujourd’hui, ils se retrouvent piégés pris en otages par une entreprise arrogante bénéficiant de la complicité du pouvoir. Il convient de se demander si celles et ceux qui laissent les grands groupes jouer les prédateurs dans notre pays, mesurent les conséquences désastreuses de telles décisions sur nos concitoyens. Cela pose le problème plus largement de la régulation de notre système économique qui paraît pour le moins inefficace. Observez le système bancaire, au bord du précipice il y a un an, florissant comme jamais aujourd’hui. Dès qu’un commerce ferme, une banque ou un groupe d’assurance s’installe…
Certains groupes bancaires sont en train en catimini de racheter des agences immobilières, quel lien avec leur vocation à aider le monde économique à investir et à se développer ? Aucun, c’est simple, au travers de ces structures, les banques achètent des terrains en périphérie des grandes agglomérations préparant une nouvelle spéculation foncière cette fois…
Vous aurez remarqué que le CIC vend de la téléphonie mobile : est-ce là sa vocation ? On se moque de nous !

 


Le pouvoir des consommateurs

Qui peut défendre les consommateurs ? Certes des associations existent mais sont-elles vraiment en phase avec les préoccupations des Français ? Ne reproduisent-elles pas les travers d’un monde politique dans lequel l’autisme est devenu une règle de fonctionnement. Récemment sur une radio nationale, les auditeurs ont pu écouter le combat acharné, relayé par une association de consommateurs ayant pignon sur rue, opposant une poignée de gens contestant le prix exorbitant du SMS ou de la communication fixe vers mobile aux opérateurs de téléphonie. Une heure d’antenne pour expliquer que les prix pratiqués, pourtant les moins chers d’Europe, freinaient le développement des volumes con-sommés et que cela était scandaleux. La vraie question serait de savoir si la priorité en terme de préoccupation de nos concitoyens concerne le prix du chariot de la ménagère, le coût exorbitant des loyers, de l’énergie ou bien celui du SMS dont chacun aura compris qu’il ne fait pas partie des éléments vitaux de la vie de tous les jours. Qui se soucie de l’augmentation du prix des carburants passée en douce à la suite du blocage des raffineries alors que le baril est au plus bas, qui se bat pour que le prix à l’étal des fruits et légumes soit en rapport avec la réalité des prix payés aux producteurs ? Alors les associations de consommateurs sont-elles vraiment indépendantes ?

 

Avis d’écologiste

La vraie question que je me pose depuis longtemps est de savoir quel est le meilleur chemin à suivre pour passer du consommateur au consoacteur ? Force est de constater que tout est fait pour éviter que nous nous regroupions. En refusant les “Class Actions”, possibilité d’ester en justice en groupe, le gouvernement actuel s’est clairement positionné contre les citoyens et la défense de leurs intérêts. Monopole de la grande distribution, contre commerce de proximité,  opacité des étiquetages contre qualité et traçabilité alimentaire, OGM contre produits BIO, dictature des centrales d’achat contre juste rémunération des producteurs, autant d’abimes qui nous séparent des décideurs ou supposés décideurs… Si nous relevons collectivement la tête alors viendra le jour où nous pourrons imposer et non plus subir notre avenir. Il appartient à chacun d’entre nous de choisir sa façon de consommer et de forger son destin. A. Peyrefitte avait écrit : «Quand la chine s’éveillera…». C’est fait. Mais «quand le consommateur s’éveillera…» alors tout deviendra possible.

Gérard Arnaudé


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