Produits chinois : Danger !

Il ne se passe pas un mois sans que la Chine ne défraye l’actualité. Après les produits alimentaires, c’est au tour des textiles d’être montrés du doigt. Des traces de substances chimiques toxiques susceptibles de porter atteinte aux organes de reproduction des êtres vivants ont été détectées dans des produits de quatorze grands fabricants de vêtements. C’est ce qu’a annoncé l’ONG de défense de l’environnement Greenpeace, mardi 23 août à Pékin. Parmi les marques mises en cause figurent Adidas, Uniqlo, Calvin Klein, Li Ning, H&M, Abercrombie & Fitch, Lacoste, Converse et Ralph Lauren.

 
La folie productiviste, un danger planétaire

La “Chine de Peyrefitte” s’est certes réveillée mais en se levant du mauvais pied. Obnubilée par son désir  de devenir leader mondial sur tous les domaines, elle en oublie les règles les plus élémentaires de sécurité. Après les scandales des années 2008 relatifs au lait “dopé” de façon volontaire à la mélamine, qui a provoqué un vrai désastre sanitaire privant des milliers de petits Chinois de l’usage de leurs reins, les canapés de Conforama qui ont envoyé une dizaine de nos concitoyens dans les hôpitaux pour des allergies aiguës, c’est tout un pays qui a sombré dans l’incurie sanitaire. Viande de porc trafiquée, riz pollué et encore plus récemment des pastèques qui explosent car dopées au forchlorfenuron, produit radioactif, animent l’actualité. Des dizaines d’années d’industrialisation à tout va, sans contrôle aucun de l’impact, ni sur les hommes, ni sur l’environnement, produisent aujourd’hui encore des résultats jusque dans les assiettes. Lors d’un séminaire sino-français sur l’environnement en 2010, le directeur des lois sur l’environnement de l’université de Wuhan avait déjà révélé que la surface des terres cultivables polluées en Chine approchait les 20 millions d’hectares, soit environ un cinquième de la totalité des terres cultivables et parlait déjà de métaux lourds comme le cadmium, le plomb, le chrome mais aussi l’arsenic. Grâce à des études discrètement menées depuis 2007, d’autres scientifiques chinois révèlent, quand à eux, qu’à cause de ces éléments toxiques qui ont pollué non seulement les sols mais aussi les nappes phréatiques, toute la chaîne alimentaire chinoise est aujourd’hui contaminée. A titre d’exemple, le riz, qui représente dans beaucoup de régions de Chine la base de l’alimentation, présente une grade capacité à se charger en cadmium. Les scientifiques estiment que 20 millions de tonnes, soit 10 % de la récolte annuelle, sont ainsi contaminés par des métaux lourds.

Quel impact pour nous ?

Si les agriculteurs qui consomment leurs récoltes en sont les premières victimes, il serait irresponsable de penser que les puissants groupes de l’agroalimentaire mondiaux, depuis longtemps installés en Chine ne nous inondent pas de produits chinois…. Si l’association Greenpeace a déjà attiré l’attention sur le riz importé de Chine, notamment en raison de riz OGM non autorisé en Europe, d’autres cultures sont aussi concernées au même titre. Ainsi des chercheurs de l’institut Roswell Park sur le cancer ont aussi relevé des taux anormalement élevés de métaux lourds dans des cigarettes produites en Chine, jusqu’à trois fois plus élevés que dans les cigarettes occidentales.

Dirty Laundry

Il ne s’agit pas d’un titre de film qui nous parlerait de “linge sale” mais d’un rapport accablant de Greenpeace sur la pollution des rivières chinoises par l’industrie textile et la présence de substances dangereuses dans les vêtements exportés vers l’Europe. L’organisation écologiste a acheté dans dix-huit pays des échantillons de vêtements de quatorze marques dont Adidas, Uniqlo, Calvin Klein, Li Ning, H&M, Abercrombie & Fitch,  Lacoste, Converse et Ralph Lauren, fabriqués notamment en Chine, au Vietnam, en Malaisie et aux Phi- lippines. Ces textiles ont été soumis à des analyses. «Des éthoxylates de nonylphénol (NPE) ont été détectés dans deux tiers de ces échantillons», a expliqué dans une conférence de presse à Pékin Li Yifang, représentante de Greenpeace, en présentant le rapport Dirty Laundry (linge sale) 2. Les éthoxylates de nonylphénol sont des produits chimiques fréquemment utilisés comme détergents dans de nombreux processus industriels et dans la production de textiles naturels et synthétiques. Déversés dans les égouts, ils se décomposent en nonylphénol (NP), un sous-produit très toxique en tant que perturbateur hormonal qui à terme peut impacter la chaî-ne alimentaire en s’accumulant au sein des organismes vivants, menaçant leur fertilité, leur système de reproduction et leur croissance. «Ce n’est pas seulement un problème pour les pays en développement où sont fabriqués les textiles, a insisté Li Yifang. Etant donné que des quantités résiduelles de NPE sont relâchées quand les vêtements sont lavés, ils s’insinuent dans des pays où leur usage est interdit.»

DETOX : Puma a pris les devants

Pour sensibiliser le public et faire réagir les industriels, Greenpeace a lancé DETOX, une vaste campagne d’information. Le week-end du 23 juillet, plus de 600 militants de Greenpeace ont entamé un striptease devant des enseignes Adidas et Nike dans 29 villes, réparties entre 10 pays. La manifestation s’est déroulée entre autres villes à Paris, Amsterdam, Pékin et Bangkok. La réaction des grands groupes mis en cause ne s’est pas faite attendre. Dans une prise de position publique, le groupe Nike déclare vouloir garantir une transparence totale vis-à-vis de tous les produits chimiques rejetés par les usines de ses fournisseurs, et s’engage à mettre à profit son influence, ses con-naissances et son expérience pour mettre un terme à l’utilisation de substances chimiques dangereuses par l’industrie du textile. Il a également fait savoir qu’il publierait sous huit semaines un plan de mise en œuvre des mesures qu’il propose. Si la plupart des marques ont relevé le défi en s’engageant à ne plus commercialiser de produits comportant des éléments toxiques d’ici à 2020, Adidas ne parait pas concerné par le sujet. A nous consommateurs de prendre nos responsabilités !

Avis de consommateur

Un fois encore, nous sommes témoins des méfaits des délocalisations industrielles. Quand vous achetez à prix d’or un produit Lacoste, Nike ou autre, vous êtes en droit de penser que la centaine d’Euros que vous déboursez vous garantit une certaine qualité et sécurité. Et bien non, vous vous trompez, vous payez très cher un produit fabriqué à bas coût dont le seul critère est de procurer une marge astronomique à ces grands groupes. Il y a longtemps que je prêche dans le désert des réglementations pour demander une vraie et claire lisibilité sur l’origine de fabrication des produits et surtout un double étiquetage mettant en évidence le prix réel de revient à côté du prix proposé à la vente. Il paraît que “je rêve”. Combien de temps encore allons-nous accepter de laisser tous ces dirigeants de grands groupes, tous ces escrocs en col blanc jouer avec notre santé et programmer la fin de l’espèce humaine ? Et si, comme la Chine, on se réveillait ? Chacun peut à son niveau refuser d’acheter chinois en privilégiant les productions locales de qualité. A nous de jouer !  



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