Un retour… loin d’être franc !

Revenons sur le débat sur la WEB TV avec les chroniqueurs du Journal Toulousain, où j’ai eu cette semaine face à moi le responsable local du Front National. Sur la forme, il a manié l’interruption permanente de ses contradicteurs pour fuir le débat d’idées. Sur le fond, lorsqu’on arrive enfin à aller jusqu’au bout, ses arguments sont pauvres et récités comme des litanies. Ce parti, qui assume son protectionnisme dépassé mais illusionnant une frange de l’électorat, soutient que le retour au franc serait salvateur. Si on peut partager l’avis que le maintien de l’euro tel qu’il est ne saurait être la solution à la crise, la sortie de l’euro avec un retour au franc ne peut qu’être pire. Comme toujours, les thèses populistes reposent sur un constat valable, mais avec des réponses pernicieuses.

Fabriquer en France, certes, donnerait de l’emploi à ceux qui en ont perdu ou en recherchent. C’est une lapalissade qui présuppose des entrepreneurs qui trouvent que la France possède un avantage compétitif. L’idée du FN est donc d’agir sur les droits de douanes pour hausser le prix des produits importés par « la sélection » (vous noterez l’utilisation de l’euphémisme pour éviter de dire « fermer les frontières », la propagande leur imposant un langage nuancé pour paraître crédible).

Tout d’abord, quel arbitraire pourrait décider des produits d’importation qui échapperont à un tel filtre douanier ? Mais surtout, c’est faire fi du consommateur français sans motivation d’acheter français. Et forcer tout le monde à dépenser plus. Or n’oublions pas que seul le consommateur décide. Quelle garantie pour l’entrepreneur d’avoir des consommateurs dociles même dans un marché dirigiste ? Aucune, sauf à contraindre les consommateurs… ultime étape du protectionnisme. Paradoxe du FN qui se veut vierge politiquement, l’URSS a longtemps été le symbole de ce monde tout comme l’Allemagne nazie s’était enfermée dans un tel processus.

Et de même, à la question voulez-vous un « franc fort » ou un « franc faible », j’attends encore la réponse. On la devine à travers les paroles de l’invité à propos de la Grèce ou de l’Espagne, indiquant que restées avec leurs monnaies nationales, une dévaluation leur aurait permis de redevenir compétitives. Quelle erreur ! Dévaluer sa monnaie donne toujours cette illusion de compétitivité. Mais il y a un prix à toute chose. Passé le moment d’euphorie, le pays déchante très rapidement. Ce n’est pas en modifiant les unités d’une balance qu’on perd du poids. Il n’y a pas de miracle : c’est à chacun de se prendre en charge pour maigrir. Ce n’est pas en revenant au franc et en le dévaluant que notre véritable boulet, le poids de l’administration française, changera ! Au contraire, puisque dévaluer revient à appauvrir chacun de nous par l’inflation. L’histoire l’illustre : inflation et violence sont toujours le résultat d’une politique qui prône la haine ou le rejet de l’étranger.

Faire du social exclusivement pour les Français, n’est sûrement pas un bienfait économique, comme ce n’est pas mieux de faire du dirigisme social. Faire du dirigisme économique en jouant politiquement sur la monnaie, que ce soit sur le franc ou sur l’euro, ce n’est sûrement pas posséder un secteur économique qui se développe. Tous les exemples de protectionnisme, sans aucune exception, ont toujours conduit au développement… de la misère.

La vraie réponse consiste à laisser les opérateurs économiques choisir la monnaie pour leurs échanges, l’euro, le franc ou autre chose – l’or par exemple. Et le meilleur des gouvernements en réponse à la crise, c’est celui qui se fera oublier.

Messieurs les politiques, cessez de nous piller et « Laissez-nous faire » !

 

Patrick Aubin



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