Violence ; Courage politique ?

Les derniers événements survenus à Grenoble ne peuvent nous laisser indifférents tant ils remettent en cause le fonctionnement même de notre démocratie. Cette démocratie dont l’un des piliers est la justice, se trouve en danger par suite d’un changement dans les mentalités que ce soit chez les voyous ou encore dans les rangs des forces de l’ordre chargées de faire respecter la loi. Au siècle dernier les voyous avaient un code d’honneur, ils savaient que lorsqu’ils tiraient sur les forces de l’ordre, le risque était la mort. Ils l’assumaient tout autant que leur entourage et il n’était pas question de demander des comptes à la société sur le pourquoi et le comment. Désormais tout est sujet à contestation et au moindre incident, les forces de l’ordre sont appelées à motiver leurs agissements au risque de devoir se retrouver sur le banc des accusés. Pour éviter de tels scenarii, le ministre de la justice a pu dissuader des policiers de poursuivre des voleurs afin d’éviter l’embrasement dans les cités. De la même manière, le drapeau français a brûlé devant les forces de l’ordre qui avaient ordre de ne pas intervenir. Avec Grenoble, un nouveau pas vient d’être franchi puisque la mort d’un braqueur a entraîné des tirs à l’arme automatique sur les policiers de la Bac qu’au surplus on menace de mort ainsi que leur famille en guise de représailles. C’est tout simplement le monde à l’envers puisque désormais ce seront les policiers et non les bandits qui seront menacés. Si les codes ont changé dans le camp des délinquants, tel n’est pas le cas pour les forces de l’ordre dont les méthodes restent identiques à ce qu’elles ont toujours été : envoi des CRS, bombes lacrymogènes, lance à incendie mais surtout pas de tir pour éviter les bavures.
La société change

Changer un préfet n’impressionne que les naïfs et ne peut qu’exciter encore plus ceux qui nous bravent. Faiblesse de la démocratie face à une délinquance qui se nourrit de cette faiblesse. Ce qui s’est passé à Grenoble présente les embryons d’une guerre civile, et l’on ne fait pas la guerre comme l’on gère une manifestation de syndicats ou d’étudiants. Bien sûr il n’est pas question de basculer dans un état policier, mais il convient désormais dans des cas comme celui de Grenoble que l’on donne à la police ou aux forces de l’ordre, le pouvoir et les moyens légaux d’agir dans les mêmes conditions que l’adversaire. Couvre-feu décrété sur un périmètre donné, interdiction de circuler sous peine d’arrestation immédiate et riposte sans sommation au moindre tir de l’adversaire. Perquisition systématique des appartements dans le but de rechercher et de trouver des armes susceptibles d’être utilisées pour nuire ou pour tuer. Voilà quelques dispositions qui permettraient aux va-t-en guerres d’opérette de réfléchir à deux fois avant de s’en prendre à l’ordre public. La société a eu le courage moral de supprimer la peine de mort, mais courage ne doit pas signifier faiblesse et le courage, c’est de s’adapter aux exigences des situations qui se présentent. La société change, il faut donc changer démocratiquement les règles. Mais pour cela il faut du courage politique, c’est ce qu’attendent les citoyens honnêtes qui veulent vivre en paix.  

Francis Manaud




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