Universalité

En cette soirée électorale américaine, le monde entier a retenu son souffle. Le résultat s’est répandu tel un raz-de-marée de bonheur sur toute la planète comme si elle avait été délivrée d’un mal profond qui la rongeait depuis de nombreuses années. Il faut bien dire que les Etats-Unis étaient atteints d’un cancer qui peu à peu s’était généralisé au monde entier.
Seul un remède miracle pouvait en venir à bout. Le remède : un homme afro-américain qui d’un seul coup d’un seul allait délivrer son pays et le monde d’un carcan trop lourd à porter. L’apartheid tout d’abord qui laissait à penser que la supériorité humaine se résumait à une seule couleur de peau, alors que seul l’esprit et l’intelligence sont les uniques vecteurs des progrès réalisés par l’homme pour lui-même comme pour le bien de l’humanité. Pour la première fois de sa jeune histoire, les Etats-Unis allaient pouvoir donner un sens positif à ce qui fut, il faut bien le dire, l’exploitation de l’homme par l’homme au seul bénéfice d’une communauté dans laquelle les “pauvres blanc” ne tiraient des avantages que par la seule couleur de leur peau. Désormais la mondialisation des échanges ouvre le chemin à un métissage que ni rien ni personne ne saura arrêter pour aboutir à une couleur unique, celle de l’universalité. Mais les Etats-Unis c’est aussi le fameux rêve américain grâce auquel chacun parti de rien peut prétendre accéder au plus haut de l’échelle sociale.

Effort et travail

On peut tout faire, tout oser si bien qu’aujourd’hui ce pays est devenu un immense Las Vegas qui s’exporte et peu à peu gangrène la planète entière. Les fonds de pensions américains viennent jouer leur avenir dans une Europe qui pourtant a appris la prudence. Ils envahissent nos marchés, dictent leur loi dans nos conseils d’administration pour plus de rentabilité qui engendrent ces délocalisations et jettent à la rue des compagnons au savoir-faire irremplaçable. Pourvu que le futur Président permette enfin la prise de conscience sur l’erreur faite de croire que la guerre continuerait à se faire de façon académique sans tenir compte que désormais le terrorisme n’obéit plus aux mêmes règles et qu’une seule poignée d’hommes peut anéantir des milliers de citoyens dont la seule innocence est de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Vouloir faire de l’Afghanistan, de l’Irak ou de l’Iran, les boucs émissaires, n’arrivera pas à résoudre le problème beaucoup plus profond qui concerne le déficit sans cesse croissant des richesses des pays pauvres face à celles des pays industrialisés. Alors le monde face à ces profondes contradictions a vu apparaître un messie, Barack Obama dans l’espoir qu’il entraînera dans son sillage l’enthousiasme nécessaire pour faire changer les choses. Souhaitons qu’il ne soit pas tenté, influencé par son entourage de profiter de ce mouvement formidable pour changer de cap. L’histoire de l’Europe nous a appris à nos dépends que se croire invulnérable peut entraîner des catastrophes épouvantables. Il est indispensable que les peuples libres restent vigilants en toutes circonstances et que le seul véritable rêve ne trouve sa réalité et son sens que dans l’effort et le travail.

 Francis Manaud


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.