Unité

Ce premier mai, exceptionnellement les
centrales syndicales ont décidé de défiler côte
à côte pour montrer leur unité et la communauté
de leur combat. Il arrive en effet que les circonstances rendent
obligatoire de gommer les différences pour ne laisser paraître
que l’essentiel. Ce sont donc les représentants des
travailleurs qui les premiers ont compris que désormais
l’essentiel n’était pas dans de vaines querelles mais dans
l’unité pour réclamer au gouvernement plus de pouvoir
d’achat, mais aussi plus de considérations dans les moments
difficiles que traversent certaines entreprises. Il faut dire que le
spectacle offert aux plus démunis par les élites qui
nous gouvernent, manque particulièrement de décence
pour ne pas dire qu’il est une insulte permanente face aux
difficultés de certains de nos concitoyens. Que dire lorsque
l’on voit notre Président de la République en visite
officielle en Espagne avec son épouse faire assaut d’élégance
et bombance lors du dîner officiel lorsque parallèlement
on nous montre des personnes âgées ou de jeunes
étudiants faire les poubelles des super marchés ?
Comment ne pas s’empêcher de penser que la révolution
française n’a servi qu’à chasser la noblesse pour
la remplacer par beaucoup moins noble ! Et que dire de ces
dirigeants d’entreprises qui jonglent avec leurs millions
d’indemnités devant des hommes et des femmes qui doivent
faire vivre leur famille avec mille Euros par mois quand ce n’est
pas moins ?

Plan de salut public

Il ne fait plus aucun doute que le couvercle sur la marmite est en train de se soulever et nous aurons bien de la chance s’il n’explose pas, aidé en cela par des partis politiques qui eux n’ont pas compris à l’instar des syndicats que le jeu n’était plus aux tensions stériles mais au contraire à l’union sacrée pour sortir le pays des difficultés dans lesquelles leur incurie nous a amenés. Au lieu de cela le parti au pouvoir continue à mener des combats décalés sur la réforme des universités, des hôpitaux ou encore la rémunération des artistes comme si ces questions avaient une quelconque importance face au tsunami économique qui est en train d’engloutir des années de croissance. Et que penser d’un parti anti capitaliste dont la seule ambition est de mettre le désordre pour ne pas dire l’anarchie et qui n’a bien sûr aucun projet de substitution pour remettre le pays en ordre de marche. De telles postures mériteraient la rigueur de la loi après les avoir mis à l’épreuve, mais pour cela, il faut avoir du courage, et dans ces temps de crise, c’est le courage qui manque le plus. Pourtant, il serait simple que toutes tendances confondues, l’on se mette au tour d’une table ronde pour ne froisser personne et là élaborer un plan qui ne serait ni de droite ni de gauche mais tout simplement un plan de salut public pour sortir le pays de la crise. Faudra-t-il pour en arriver là que le couvercle de la marmite saute ? Beaucoup et de plus en plus le craignent. Souhaitons que la sagesse et la raison nous fassent l’éviter.   

 Francis Manaud


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