Une main de fer dans un gant de velours

Gouverner un pays ne doit pas être chose facile lorsque l’on voit les difficultés auxquelles sont confrontés nos hommes politiques particulièrement en ces temps où l’économie montre des faiblesses qui entraînent toutes sortes de désordres. Difficile, et pourtant, les candidats ne manquent pas pour solliciter les suffrages. Tant et si bien qu’il y a plus de recalés que d’élus. Une fois la barre des élections franchie, il faut affronter les réalités car la plupart du temps les simples citoyens n’ont qu’une lointaine idée de ce qui les attend et leur imagination de la situation est aux antipodes de ce qu’ils vont trouver en réalité. C’est ainsi que les promesses électorales se trouvent confrontées à la vérité du terrain qui rend leur application difficile voire impossible ; ce qui bien entendu engendre d’abord des critiques puis très vite des conflits. Ceci d’autant plus que les moyens modernes de communication enregistrent les moindres propos, les moindres attitudes qui peuvent faire place à la contradiction. L’homme politique est souvent comparé au capitaine d’un navire qui va diriger son embarcation au gré des flots tantôt calmes tantôt tempétueux avec toutefois une nuance de taille qui est que le capitaine ne prend jamais la mer lorsqu’il y a risque de naufrage. Les hommes politiques eux s’engagent quelle que soit la situation de leur pays, il faut dire qu’ils ne font courir des risques qu’aux autres ; ce qui rend leurs actions moins périlleuses pour eux. En cas d’échec, ils ne risquent que de perdre l’élection suivante tandis que la plupart d’entre eux retrouvent leur situation d’avant, le prestige en plus.
Psychologie et persuasion

Cela explique amplement que les politiques sont le plus souvent des fonctionnaires en disponibilité, la pratique des professions libérales rend en effet la reprise plus aléatoire. Mais aussi pourquoi les grands industriels ou les grands patrons ne sont pas aux commandes du pays alors que leur expérience et leur sens des affaires seraient sûrement plus utiles et plus efficaces principalement dans les moments difficiles que nous traversons. La plus grande difficulté que rencontre un homme ou un parti politique, c’est la notion de réforme. Elle doit être permanente et se heurte pourtant à l’inertie des habitudes et des avantages acquis. Trois gros blocs s’affrontent : les jeunes qui veulent que la société les écoute et tienne compte des évolutions qu’ils entendent mener à bien. Les vieux qui ont oublié qu’ils ont été jeunes et qui veulent conserver leurs habitudes de vie, et au milieu, ceux qui veulent évoluer et préserver leur avenir. Tout ceci provoque des tensions et des mouvements telluriques qu’il faut domestiquer en respectant les uns et les autres pour éviter leur confrontation. Or tout ceci doit être manipulé avec tact et prudence pour que chacun trouve son compte en respectant les autres. Chacun doit accepter les modifications nécessaires et tout l’art d’un bon gouvernant doit consister à faire preuve de psychologie et de persuasion pour changer petit à petit les choses sans heurter les esprits et les habitudes. Les changements à la hussarde ne peuvent que provoquer troubles et révoltes. En somme une main de fer dans un gant de velours.  

 Francis Manaud


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