Un tsunami financier ?

On a pu constater avec effroi la vague gigantesque qui a submergé la région de Fukushima au Japon avec les conséquences épouvantables qu’elle a engendrées sur les hommes et sur l’économie de l’île. Peut-on imaginer qu’il puisse exister plus terrible encore pour secouer non plus un pays mais la planète toute entière avec des conséquences incalculables sur la vie des peuples qui la composent ? La réponse est oui, si l’on se réfère à ce qui se passe depuis 2008 et ce que l’on a appelé pudiquement la crise financière. Cela a commencé par l’affaire Bernard Madoff puis par la faillite de la banque américaine Lehman Brothers. Escroquerie pour l’un et crise des surprimes pour l’autre, le monde de la finance a commencé à ressentir les frémissements d’un tremblement dont l’importance n’était pas encore formellement évaluée. Déjà Jérôme Kerviel et la Société Générale avaient alerté l’opinion sur la légèreté des contrôles dans les banques et sur la permissivité laissée aux traders pour tenter de réaliser de supers bénéfices au risque de voir s’évaporer dans la nature des milliards d’Euros. La récente découverte des pertes de l’USB montre à l’évidence que la leçon Kerviel n’a servi à personne et que les pratiques douteuses continuent à prospérer. Ces pratiques deviennent plus inquiétantes quand il ne s’agit plus de simples individus ou d’organismes mais des collectivités locales ou encore des Etats. On apprend en effet que la banque Dexia sous couvert de prêts à des taux intéressants aux collectivités, ces dernières, prisonnières de taux variables, vont devoir faire face désormais à des taux prohibitifs.

Mettre des garde-fous à cette finance débridée

Et que dire des pays comme la Grèce et maintenant l’Italie qui ne trouveront plus bientôt à financer leur déficit et par conséquent ne pourront plus faire face à leurs échéances. Imaginons un instant que les retraites, les fonctionnaires, la santé publique ne soient plus financés ! Par voie de conséquence, les prêts particuliers qui ne sont plus remboursés et donc les banques à leur tour obligées de se tourner vers l’Etat lui-même incapable de répondre à leur sollicitation. On comprend aisément que cet enchaînement inéluctable nous menace désormais si l’on n’y met pas bon ordre. On comprend aussi pourquoi lors du dernier sommet des ministres des Finances de la zone Euro, le responsable américain du trésor est venu tirer la sonnette d’alarme sur une éventuelle faillite des Etats. La mondialisation de l’économie et des moyens financiers est devenu un tel tissage étroit que comme l’a écrit de La Fontaine «Une maille rongée emporta tout l’ouvrage» Le risque est désormais tel, qu’il est urgent de mettre des cloisons et des garde-fous à cette finance débridée. Car même si les pays émergeants ont pu constituer des réserves importantes, elles ne leur serviront à rien si les monnaies qui les composent perdent définitivement leur valeur. Personne ne peut envisager quelles seraient les conséquences d’un tel désastre ? Probablement une guerre car dans de telles circonstances, il faut toujours trouver un coupable. Et alors Fukushima en comparaison ne serait qu’une vaguelette.



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