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Francis Manaud

Depuis plus d’un an maintenant, notre pays est plongé dans des campagnes politiques de tous ordres. Ce fut d’abord la primaire socialiste, bataille à fleurets mouchetés qui a désigné un candidat que l’on n’attendait pas mais dont il a fallu convenir. Puis la présidentielle où les surenchères successives nous ont fait oublier un temps une réalité économique qui ne manquera pas de nous rattraper. Enfin les législatives que les citoyens épuisés viennent d’aborder avec plus ou moins d’enthousiasme allant jusqu’à bouder massivement des urnes de plus en plus vides. Un tour et puis ceux qui s’en vont, pour laisser la place à ceux qui restent pour en découdre. Place désormais à la traditionnelle salade électorale où ceux qui restent distribuent sans vergogne des voies qui ne leur appartiennent pas mais qu’ils veulent guider au gré de leurs fantasmes. Au beau milieu de cette cacophonie de dupes, les traîtres, ceux qui osent braver les interdits nationaux, ceux que l’on exclut pour mieux les reprendre après. Et enfin cerise sur le gâteau : le tweet de Valérie Trierweiler pour encourager et soutenir de ses vœux, l’opposant à Ségolène Royal à La Rochelle ; ville bien connue pour ses positions rebelles. Ce duel fratricide est pour bien des aspects un cas d’école qui fera à n’en pas douter des kilomètres de commentaires. Là encore, c’est un parachutage parisien pour permettre à Madame Royal d’être élue sans coup férir certain que le brave Falorni, régional de l’étape, obéirait au diktat du parti.

 Une injustice flagrante

Que nenni, l’homme refuse de s’écarter, convaincu d’être dans son bon droit compte tenu d’un ancrage ancien au service de ses concitoyens. Rien n’y fait, ni les suppliques, ni les intimidations, ni les menaces, ni le déploiement des forces venues porter la dame à bout de bras pour vaincre le traître. Un seul message de soutien, mais il est de poids : celui de la compagne du président qui connaît l’homme et son courage. Tollé à gauche de ceux qui oublient que dans notre pays, le libre arbitre existe encore et que tout citoyen a le droit de s’exprimer fusse-t-il à contre-courant des idées reçues. Vouloir faire de cet événement on ne sait quel épisode d’une guerre de jalousie, c’est aller bien vite en besogne alors qu’il ne s’agit que de mettre l’accent sur une injustice flagrante à laquelle il convient de mettre un terme. C’est l’occasion rêvée pour que cesse cette pratique de voir arriver dans certaines circonscriptions des hommes ou des femmes inconnus qui une fois élus, regagnent Paris pour ne reparaître que cinq ans après. En obligeant tout candidat à résider de façon constante dans le lieu dont il brigue la députation, on rendrait son élection d’autant plus légitime qu’il connaîtrait les besoins et les aspirations de ses concitoyens. Voilà une modification de la loi qu’un simple tweet peut amener à faire même si pour cela certains ont pu y voir on ne sait quelle affaire d’Etat. L’Etat surtout en ce moment a bien d’autres choses à penser et l’on verra bien au lendemain de ces législatives si la cible a été atteinte et la leçon apprise.



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