Symbole

Pendant que les prétendants socialistes partageaient notre pays en France molle ou en France radicale, une enseignante en mathématique s’immolait par le feu à l’heure de la récréation au milieu des élèves épouvantés en s’écriant “C’est pour vous”. A l’heure où il est de bon ton de tout analyser, il paraît essentiel de comprendre le pourquoi et le comment d’un tel acte. Car l’explication la plus simple, c’est bien sûr de parler de dépression, de fragilité alors même que le mode choisi pour mettre fin à ses jours montre au contraire un courage hors du commun qui semble correspondre à un caractère d’une force à toute épreuve. On l’a décrite comme une enseignante exigeante qui ne supportait pas la médiocrité et qui avait tendance à laisser de côté les éléments de sa classe qui ne s’intéressaient pas à son enseignement. Cette vision des choses montre à l’évidence l’une des lacunes majeures de notre enseignement. Pour plaire ou pour complaire aux parents qui se mêlent de plus en plus de critiquer la façon dont sont prodigués les enseignements, les redoublements de classes sont proscrits ; ce qui a le malheur de produire deux effets : l’angoisse des élèves qui d’années en années perdent pied et par conséquence leur détermination à perturber la classe pour essayer de ramener leurs camarades au même rang de connaissance qu’eux. Dans ces conditions, on comprend aisément que des enseignants mal aguerris à réprimer de tels comportements s’en trouvent désorientés. Faire régner la discipline s’apprend et malheureusement cela ne fait pas partie de l’apprentissage des professeurs.

La médaille du Mérite ?

On a tort de confondre connaissances et pédagogie car l’une et l’autre sont indispensables et indissociables pour que la communication soit optimale. Il semble évident que ce professeur aimait ce qu’elle enseignait et qu’elle avait du mal à comprendre ceux de ses élèves qui ne partageaient pas cet amour. Alors quoi de plus terrible qu’un amour qui n’est pas partagé, et comment le crier à celles et à ceux auquel il s’adresse ? “C’est pour vous” a-t-elle dit pour que vous compreniez par mon sacrifice que vous êtes dans l’ignorance et dans l’erreur. Ce que je ne sais plus dire par les mots, je le traduis par un acte le plus horrible possible pour qu’il reste à jamais gravé dans votre esprit. Et comment ne pas rapprocher de son acte celui de Jean Moulin qui a donné son nom au collège et dont on sait les souffrances qu’il a dû subir lui aussi par amour de la France et pour ne pas trahir ses camarades. Il faut espérer que son sacrifice n’aura pas été vain et qu’il ne se bornera pas à dire qu’elle était fragile ou qu’encore l’on s’en serve à des fins partisanes pour dénoncer tel ou tel manque de personnel. Il faut nécessairement en déduire que l’école doit retrouver la discipline et les valeurs sans lesquelles aucun enseignement ne peut aboutir au savoir et à la connaissance. Si les responsables de l’Education Nationale avaient deux sous de bon sens, ils devraient décorer cette femme de la médaille du Mérite. Mais pour cela, il faudrait qu’ils aient du courage, ce qui est bien loin d’être le cas.



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