Roms et droits de l’homme

La France ressemble de plus en plus à un tissu usé, parsemé d’accros, que l’on répare au fur et à mesure de leur apparition. Une tempête envahit le littoral et l’on s’aperçoit qu’il faut renforcer les digues. La durée de vie s’allonge et l’on se rend compte qu’il faut modifier le régime des retraites. Des Roms s’attaquent à tout un village, le saccage en guise de représailles de la mort de l’un des leurs et l’on s’inquiète de savoir s’il faut les expulser ou continuer à les accueillir. Et pourtant jusque-là personne ne s’est inquiété de savoir s’ils s’étaient installés illégalement ou non sur notre sol. Ils disent fuir la misère de leur pays pour venir à la rencontre de la nôtre dont il faut croire qu’elle est moins insupportable que la leur. Une vague d’indignation parcourt le pays à l’annonce de leur probable expulsion. Il y a ceux qui les défendent au nom des droits de l’homme et ceux qui veulent leur départ au nom du respect de la loi qu’ils ont enfreinte en occupant illégalement des espaces qui ne sont pas les leurs. Et comme toujours désormais il faut revenir à l’organisation de l’Europe et dans ce cas précis des accords de Schengen qui autorisent la libre circulation dans l’espace Européen. Mais circuler ne veut pas dire stationner et encore moins se sédentariser. Alors au nom d’une loi qui n’est pas effectivement respectée, on les renvoie de gré ou de force dans leurs pays respectifs la Roumanie ou la Bulgarie avec un maigre pécule, et ils reviendront protégés un temps encore par “Schengen”.
Droits et dignité ?

Pour vivre dans le meilleur des cas ils feront la manche ou alors ils voleront et viendront fréquenter nos prisons déjà surpeuplées. Il n’est pas question de juger ceux qui les défendent tout au moins ceux qui sont sincères et qui ne profitent pas de la situation de ces misérables pour se faire une publicité à bon compte. Mais si l’on parle de droits et de dignité des hommes, comment peut-on accepter de voir vivre ces gens dans des campements sordides parmi les immondices et les rats qui pullulent ? Ceux qui les défendent défendent aussi cela car la France n’est plus assez riche pour leur offrir le confort minimum qu’elle ne peut plus non plus fournir aux plus pauvres de ses ressortissants. On a trop vite fait de stigmatiser une attitude et l’Europe, l’Eglise et même le Pape du haut de leur certitude devraient avoir un minimum de considération pour ces conditions de vie qui sont inacceptables et pour lesquelles ils ne font rien sinon se lamenter. Puisque désormais l’Europe que nous avons plus ou moins voulue existe, il appartient à chaque pays qui la compose de prendre en charge ses ressortissants et d’interdire qu’ils “désertent” pour aller vivre ailleurs d’expédients. Ni le pays ni les associations n’ont le droit de défendre ou de manifester pour défendre cette misère exportée car ce faisant, ils font un pied de nez à une condition qui ne peut pas dire son nom. Il faut que les peuples de Roumanie et de Bulgarie assument avec notre aide l’insertion par le travail de ces populations sans quoi le désespoir peut entraîner des dérives comme celles auxquelles nous avons été confrontés récemment. Et ainsi ce problème résolu d’autres surgiront. Quand un tissu est usé, il est vain de vouloir le réparer. Il faut le changer.   

Francis Manaud


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