Romain Jammes « Le gouvernement part en guerre… »

Il y a beaucoup de réformes que l’on peut attendre d’un gouvernement qui se prétend de gauche. A minima, il y a celles qui font sens avec son identité : une démocratie vivante, des protections sociales, des services publics, une répartition des richesses, une transition écologique de notre mode de production… Bref, un arsenal pour rentrer en conflit avec les logiques libérales qui constituent l’horizon infini que veut nous imposer la finance.

Ce qu’on ne peut pas reprocher au gouvernement actuel, c’est d’être parti en guerre. Seulement voilà, on a dû louper un épisode, parce que c’est contre son peuple qu’il lutte. Traité budgétaire européen, gel des salaires, piétinement du droit du travail, ou encore refus de l’amnistie sociale… La liste des bévues est longue comme le bras. Dernière en date : la future réforme des retraites qui, en plus de ne rien régler, ne manquera pas de mettre le feu aux poudres.

 

Réformer les retraites ?

 

La partition jouée par François Hollande est claire. Le TSCG a offert la possibilité à la commission européenne d’imposer des réformes structurelles aux pays au-dessus de la barre arbitraire des 3% de déficit public. Le Président de la République a montré les dents pour cacher sa docilité sans faille.

La réforme des retraites rentre donc à point nommé dans le calendrier de la troïka. Comme pour la dernière, les marges de manœuvres vont dans le sens du moins disant. Le choix est borné au cadre patronal : augmenter l’âge légal de départ, les cotisations des salariés, le nombre d’annuités de cotisations ou encore baisser les pensions.

 

« Une réforme particulièrement injuste pour les femmes »

 

Ces propositions ne règlent pas la question du financement : elles sont faites pour détricoter le système des retraites. Le choix d’allonger les années de cotisation, comme semble le faire le gouvernement, n’a strictement aucun sens à l’heure où 2/3 des personnes qui partent à la retraite sont déjà sans emploi. C’est même une réforme particulièrement injuste pour les femmes qui subissent des carrières en dent de scie et ont des retraites un tiers plus petites. Le problème est donc transféré d’une caisse à une autre. Un tour de passe-passe plus qu’une recherche de solution.

 

Des solutions ?

 

Parce que financer les retraites, c’est un vrai sujet. Financer la retraite à 60 ans et à taux plein pour tou-te-s, c’est encore plus intéressant. Les outils ne sont pas compliqués à activer : augmenter les salaires et relancer l’activité par la consommation ; élargir l’assiette de cotisation aux revenus qui en sont exclus (10 milliards de gagnés) ; égalité salariale entre femmes et hommes (15 milliards d’ici à 2020) ; mise à contribution des revenus financiers des entreprises (20 milliards). Seul hic ? Une politique qui assume la rupture avec la finance. Mais ça, ce n’est malheureusement pas dans leur plan.

 

Romain Jammes est en charge de la communication pour le Parti de Gauche 31

Particularité : Il a créé un blog d’opinions avec son ami Florian Yagoubi – lartetlamaniere.wordpress.com

Mail : jammes.romain@gmail.com

 

 



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