Retour de vacances

Après les mois éprouvants subis par le peuple, il était tout à fait normal qu’il veuille faire le vide en s’éloignant de la morosité quotidienne. Encore fallait-il qu’il ait les moyens de le faire. Les kilomètres d’embouteillage ont prouvé que c’était encore possible tout au moins pour certains d’entre eux. Il est sûr que le retour à la vie normale était d’autant plus difficile qu’aux difficultés économiques allaient venir s’ajouter les traditionnelles taxes foncières et autres taxes d’habitation, sans oublier les ajustements des impôts directs et autres dépenses, relatives pour certains à la rentrée des classes ou des facultés. Dans ces conditions, on aurait pu penser que nos hommes et femmes politiques se seraient penchés sur les difficultés à venir en proposant une relance économique qui aurait permis de mieux faire passer ces difficultés. Or s’ils nous sont pour la plupart apparus bronzés et reposés, les sujets abordés lors de leurs universités d’été furent d’un tout autre ordre. Pour le parti socialiste, la priorité était de réfléchir comment et qui les représenterait à l’élection présidentielle de 2012. Il est vrai qu’en matière électorale, il n’est jamais trop tard pour bien faire et le passage au quinquennat n’a fait qu’activer la machine aux ambitions et aux ambitieux. Désormais pour les socialistes et pour la majorité des partis de gauche, il y aura des primaires «élargies». Cela n’empêchera pas ceux qui ne seront pas retenus, de faire dissidence et candidature à part. Et avec quel programme pour redresser la France et soulager ses misères ? Pas urgent. On verra plus tard.
Le jeu des alliances

La droite elle, appuyée sur son Président omniprésent, a une vue plus courte, et l’immédiat, ce sont les élections régionales. Il faut dire que dans ce chapitre, la gauche a fait un quasi grand schelem et que la gestion des dites régions s’est faite à la satisfaction des sujets qui étaient de leur compétence. Il est donc important pour la droite de reconquérir les régions d’autant plus que les gestions départementales semblent à terme menacées. Alors il faut faire de toute urgence des alliances quitte pour certains à avaler des couleuvres et à expliquer à leurs sympathisants la méthode pour les avaler. Mais comment leur expliquer que désormais, l’on va devoir pactiser avec ceux que l’on a vilipendés lors des dernières élections européennes ? Cependant les uns et les autres oublient le peuple de l’abstention qui lit dans le jeu de ceux qui ne sont pas là pour trouver des solutions à leurs problèmes, mais pour s’asseoir sur un fauteuil confortable à partir duquel ils pourront tirer des ficelles hélas pour eux de plus en plus ténues. A ce jeu, la démocratie risque de trouver ses limites et les jusqu’au-boutistes une légitimité. Les médias quant à eux ont trouvé un sujet intermédiaire : une grippe alphabétique qui ne tue que les grands malades. Il faudrait en inventer une qui s’attaque au chômage mais si tel était le cas, nos politiques auraient bien du mal à trouver le remède. Sans aucun doute, se satisferaient-ils de les laisser mourir.

Francis Manaud


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.