Restrictions

On ne nous parle plus que des réductions budgétaires et des économies drastiques que nous allons devoir faire si nous ne voulons pas transmettre une trop lourde charge à nos enfants voire à nos petits enfants. Cependant, il faut bien constater que nos gouvernants successifs ont dépensé sans compter pendant plus de trente ans, tout en nous faisant croire que demain serait meilleur. Force est de nous rendre compte qu’il n’en a rien été et que dorénavant il va falloir apprendre à vivre avec moins de confort, moins d’aide de l’Etat. On ne s’en était pas aperçu mais il y avait trop de fonctionnaires ! Cependant ce dont on avait conscience, c’est que certains d’entre eux avaient du mal à effectuer le travail pour lequel ils étaient payés. En supprimant un départ sur deux à la retraite, il va falloir sans aucun doute que le rendement change si l’on ne veut pas qu’un laisser aller s’installe durablement et pourquoi pas à terme une désorganisation irréversible de l’Etat et de ses fonctions régaliennes. Avant le chômage était en partie résorbé par des embauches au service de l’Etat. Maintenant c’est le contraire et alors que la situation économique a l’air de s’améliorer, le chômage progresse ; ce qui signifie que l’économie fait en sorte de ne pas faire appel à une main d’œuvre qui coûte cher face à la concurrence des pays émergeants.
Un minimum de garanties pour l’avenir

Un des exemples les plus frappants nous est apporté par l’éducation. Beaucoup de nos enfants sortent du système scolaire sans aucun diplôme ou aptitude professionnelle. La cause principale en est des parents incapables de les aider dans leurs études et une éducation nationale trop pauvre en moyen pour leur maintenir la tête hors de l’eau. Et ce n’est certainement pas la menace de la suppression des allocations aux partisans de l’école buissonnière chronique qui améliorera les choses. Quand on voit certains adolescents totalement déstructurés, l’on se peut raisonnablement se dire que l’une des fautes majeures de la dernière décennie est d’avoir supprimé le service militaire obligatoire au motif que nos armées n’avaient plus besoin de la conscription. Le remplacer par un service public obligatoire serait la meilleure façon de reprendre en main cette jeunesse perdue pour l’éducation. Un service public qui s’adresserait exclusivement à ceux de nos enfants sans diplômes et donc sans aucune perspective d’avenir hormis la délinquance de tous ordres. En leur donnant le sens de la discipline, du respect et de la morale, ils présenteraient pour la société un minimum de garanties pour l’avenir. C’est ce qui a permis à de nombreuses générations des campagnes profondes de découvrir un autre horizon, une autre façon de vivre. Oui mais pour ce faire, il faut des crédits et on a détruit nos casernes. Vaut-il mieux construire des prisons, des asiles psychiatriques ? Tout cela se résume en un choix politique et par le courage. En sommes-nous capables ?
 

Francis Manaud




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